«Ils doivent être sages, parce qu'une conduite déréglée, l'ivrognerie, la passion du jeu et la fréquentation des mauvais lieux peuvent les porter à faire plus de dépenses que leur solde ne le permettrait; qu'ils auraient alors besoin de se procurer de l'argent, et que par suite ils pourraient être tentés de soustraire les objets précieux qui se trouveraient abandonnés dans le local incendié qui leur est confié. Ils doivent être ouvriers d'art, maçons, charpentiers, couvreurs, plombiers, parce que les hommes de ces professions ont déjà l'habitude de parcourir les lieux élevés sans être effrayés, et d'agir sur ces points, et qu'ils sont d'autant plus adroits qu'ils connaissent la construction des bâtiments.
«Ils doivent savoir lire et écrire afin de pouvoir s'instruire sur les théories qui leur son données dans les livres et pouvoir faire au besoin un rapport sur ce qu'ils ont remarqué dans un incendie.
«Ils doivent avoir une taille moyenne, parce que c'est dans cette classe d'hommes qu'on trouve une constitution robuste et en même temps agile, qui leur permet de faire de la gymnastique et de pouvoir agir ainsi avec peu de danger dans des opérations où leur vie serait compromise s'ils n'avaient l'habitude de travailler sur des points élevés, isolés, et qui présentent peu de sécurité.
«Quand des sous-officiers de l'armée s'enrôlent dans les sapeurs-pompiers, ils ne sont reçus dans le corps que comme simples soldats, nul ne pouvant y être admis avec son grade, car il faut que les sous-officiers qui dirigent les sapeurs dans un incendie aient exercé comme simples soldats pour avoir les connaissances requises du métier.
«Les officiers qui y arrivent des autres corps sont choisis de préférence dans le génie, et dans l'artillerie.»
Les appareils ou ustensiles dont se servent les pompiers pour éteindre les incendies sont tellement connus ou si exactement représentés dans les gravures ci-jointes, qu'il serait inutile d'en donner ici une description détaillée. Il en est un cependant qui, bien qu'illustré, mérite néanmoins une courte explication. Nous voulons parler de l'appareil Paulin.
Jusqu'à ces dernières aimées les feux de cave avaient été très-difficiles à éteindre et très-meurtriers, les sapeurs-pompiers ne pouvant pénétrer dans une cave où un incendie s'était manifesté, sans s'exposer à être asphyxiés par la fumée, Grâce à la sollicitude paternelle de leur commandant, ces dangers n'existent plus pour eux, el ils sont presque certains de se rendre, maîtres en peu de temps des feux de cave les plus terribles. En effet, M. Paulin est l'inventeur d'un appareil aussi simple que commode, à l'aide duquel l'homme qui en est revêtu peut respirer facilement au milieu de la plus épaisse fumée.
Cet appareil peu connu consiste en une large blouse en basane et en un masque de verre demi-cylindrique de trois millimètres d'épaisseur, au-dessous duquel est un sifflet à soupape servant à transmettre les commandements. Cette espèce de blouse est serrée sur les hanches par une ceinture qui fait partie de l'uniforme du sapeur; deux bracelets bouclés la ferment sur les poignets; deux bretelles ajustées au bas de la blouse et se bouclant par derrière la tiennent solidement attachée.
C'est cette enveloppe qui doit contenir l'air respirable; aussi est-elle percée au côté gauche et à la hauteur de la poitrine d'un trou auquel est adapté un raccordement en cuivre; à ce raccordement vient se fixer la vis d'un tuyau de cuir avec spirale; ce tuyau est lui-même fixé sur la bâche de la pompe à incendie: or, en faisant fonctionner la pompe vide d'eau, ou envoie dans la blouse une grande quantité d'air frais, qui permet au sapeur de respirer sans aucun danger au milieu d'une épaisse fumée et des gaz les plus délétères. Il reçoit même plus d'air qu'il n'en consomme, mais cet air s'échappe par les plis que fait la blouse à la ceinture et aux poignets, et en fuyant par ces issues il remplit deux objets importants: celui de ne pas gêner la respiration, et celui de refouler à l'extérieur de la blouse toutes les vapeurs malfaisantes qui tendraient à s'y introduire.
Nous avons dit que malgré l'agrandissement de Paris, on n'éprouvait pas le besoin d'augmenter le personnel du corps des sapeurs-pompiers. Cela est vrai, et cependant une réforme devient plus que jamais nécessaire. Les sapeurs-pompiers actuels font un service très-pénible. Si on tardait longtemps encore à leur donner des auxiliaires, ils périraient victimes de leur zèle et de leur dévouement, la ville de Paris leur doit trop de reconnaissance pour qu'on ne double pas leur nombre. Terminons enfin en exprimant le voeu que toutes