Vers 1722, on lisait sur la porte du directeur des pompes: Pompes publiques du roi pour remédier aux incendies, sans qu'on soit tenu de payer. En outre, il y avait à Hôtel-de-Ville des pompes qui étaient la propriété de quelques particuliers... En 1764, le nombre des hommes attachés au service des pompes publiques fut porté à 80, et l'on créa six corps de garde. L'année suivante, les pompiers portèrent leur premier casque en cuivre. En 1767, la compagnie fut portée à 108 hommes, et en 1770, son effectif était de 146 hommes, plus 14 surnuméraires. Il y avait une somme de 70,000 francs allouée à l'entretien du corps. Seize ans plus tard, en 1786, 221 hommes coûtaient 116,000 francs. L année suivante, on comptait 25 corps-de-garde. En 1792, les théâtres furent forcés d'avoir un service de pompiers rétribué par leur direction, et déjà à cette époque il était défendu de rien accepter des incendiés. En 1705, le corps reçut son premier drapeau, et dès lors les pompiers parurent à toutes les solennités nationales, ils eurent un code et un conseil de discipline, et leurs veuves furent assimilées à celles des défenseurs de la patrie. Bonaparte, premier consul, réduisit le nombre des pompiers, ce qui permit d'élever le chiffre de leur solde. Les compagnies se composaient toujours de 150 hommes, mais il y avait 60 surnuméraires par compagnie, qui s'habillaient à leurs frais, et qui en complétaient le cadre. Au bout de deux ans de service, ces surnuméraires étaient exempts de la conscription, et faisaient partie du corps soldé par l'État.

Sapeurs-Pompiers.--Le sinistre.

Plus tard, l'Empereur décréta que le bataillon des sapeurs-pompiers de la ville de Paris concourrait au service de sûreté publique, sous les ordres du préfet de police, et qu'il serait soumis en tout à la discipline militaire.

Enfin, aujourd'hui, le corps des sapeurs-pompiers compte 623 sous-officiers, caporaux et soldats, 5 capitaines, 4 lieutenants, 5 sous-lieutenants, 1 trésorier, 2 chirurgiens et 2 adjudants. Ces 623 hommes forment 4 compagnies qui occupent les quatre points cardinaux de la capitale. Il y a dans Paris 37 postes de ville; chaque poste est composé des 3 hommes nécessaires à la manoeuvre d'une pompe.--Le lieutenant-colonel commandant des sapeurs-pompiers de la ville de Paris est M. Gustave Paulin, ancien élève de l'École Polytechnique et ex-chef de bataillon du génie. M. Paulin n'est que lieutenant-colonel parce que les statuts militaires ne permettent pas de nommer à un grade plus élevé le commandant d'un seul bataillon, et que le corps des sapeurs-pompiers ne forme qu'un seul bataillon. Toutefois, si, aux termes des règlements, les pompiers ne peuvent pas être commandés par un colonel, la France a confié à leur petit nombre la garde d'un de ses drapeaux.


Manoeuvre de l'échelle à crochets.

Appareil Paulin.

Manoeuvre du sac de sauvetage.

Paris s'agrandit chaque année; partout de nouvelles maisons se construisent; certains quartiers autrefois inhabités se sont transformés, comme par enchantement, en petites villes entièrement neuves; le chiffre de la population s'élève dans la même proportion que le nombre des habitations, et cependant tel est le zèle, tel est le dévouement du faible corps des sapeurs-pompiers, qu'on ne songe pas encore à augmenter son personnel; on n'en éprouve même pas le besoin. Quel plus bel éloge pourrait-on faire de cette admirable institution?

Qu'on nous permette cependant de citer un passage de l'avant-propos que M. le lieutenant-colonel Paulin a mis en tête de sa Théorie du Maniement de la Pompe:

«Le corps des sapeurs-pompiers de Paris est un corps d'élite, et cela ne peut être autrement... En effet, lorsque les sapeurs arrivent dans un lieu incendié, ils sont maîtres des localités, tous les objets précieux restent à leur disposition et sous leur garde; il faut donc avant tout qu'ils soient parfaitement honnêtes; aussi existe-t-il fort peu d'exemples que des hommes de ce corps aient été punis pour infidélité.

«Ils doivent être intelligents, car leur métier ne consiste pas à agir comme de simples machines; ils doivent opérer avec discernement pour exécuter avec fruit les ordres qui leur sont donnés par leurs chefs, desquels dépend le succès des opérations dont ils sont chargés.