Le titre V et dernier règle le rang et la préséance des conseils de département et d'arrondissement dans les cérémonies publiques, et détermine les prérogatives attachées par les lois à la qualité de membre d'un conseil-général.
Cet important ouvrage, terminé par une table analytique et raisonnée des matières, a paru pour la première fois en 1837. A cette époque, le projet de loi sur les attributions des conseils-généraux et d'arrondissement n'avait pas encore été adopté. Dès que la loi du 10 mai 1838 fut promulguée, M. J. Dumesnil en fit paraître un commentaire avec la seconde édition. La troisième édition qu'il publie aujourd'hui est un ouvrage presque entièrement nouveau. D'une part, cinq années d'épreuves ont fixé définitivement la législation départementale; d'autre part, depuis 1838, des lois importantes ont étendu le cercle des affaires soumises aux conseils-généraux; enfin, une étude plus approfondie de la matière et dix années d'expérience acquise en prenant part aux travaux du conseil-général du Loiret, permettaient, à M. J. Dumesnil de faire à son travail primitif de notables améliorations.
Vies des hommes illustres de Plutarque, Traduction nouvelle, par Alexis Pierron. 1 vol. in-18.--Paris, 1843. Charpentier, 3 fr. 50 c. (L'ouvrage complet, formera quatre volumes.)
Plutarque a été souvent traduit en français. Amyot s'est immortalisé par sa traduction; malheureusement, si naïf, si coulant, si élégant qu'il soit, son style a un peu trop vieilli pour être facilement entendu du vulgaire; et, d'ailleurs, Amyot, dont l'ouvrage restera comme un des grands monuments primitifs de la langue française, a souvent substitué, sans le vouloir, sa propre pensée à celle de Plutarque. Meziriae, qui comptait dans sa traduction 2,000 contre-sens, essaya de la refaire; mais il mourut au début de son travail. L'abbé François Tallemant, son contemporain, fut plus heureux, ou, si l'on veut, plus malheureux, car Boileau lui a fait une triste réputation. Dacier, qui lutta ensuite avec ce rude jouteur, était un homme d'un profond savoir, qui ne laissa rien ou presque rien à faire, pour l'interprétation du sens, à ses successeurs, mais qui ne savait pas écrire en français. L'abbé Ricard vint ensuite, et, bien qu'il se montrât fort inférieur à Dacier, et par la science et par le style même, sa traduction obtint un certain succès; elle a même eu plusieurs fois les honneurs de la réimpression. M. Alexis Pierron, le traducteur (couronné par l'Académie) d'Eschyle et de la métaphysique d'Aristote, a donc cru qu'une traduction nouvelle du grand ouvrage historique de Plutarque pouvait n'être pas de trop, même après quatre autres, surtout après celle qu'où estime le plus aujourd'hui. Le travail qu'il offre au public n'a, du reste, nulle pretenion scientifique; son dessein n'est pas d'inventer Plutarque, mais de le reproduire. C'est sur la traduction proprement dite qu'a porté principalement, presque uniquement son effort. Il n'a rien négligé «pour retracer aux yeux, autant qu'il était en lui, une image complète et fidèle, et qui put, non point tenir lieu de l'original, mais le rappeler suffisamment à ceux qui le connaissent et donner à ceux qui ne l'ont pas vu une idée vraie de son port et de sa physionomie.»
Histoire civile, morale et monumentale de Paris, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; par J.-L. Belin et A. Pujol. 1 vol. in-18 de 600 pages.--Paris, 1843. Belin-Leprieur. 3 fr. 50 c.
Cette histoire de Paris est beaucoup plus monumentale que civile et morale. Peut-être serait-il à désirer que MM. J. Belin et A. Pujol eussent donné moins de détails sur les édifices publics et se fussent occupés plus longuement des coutumes, des moeurs et des événements politiques. Si incomplète qu'elle nous semble à cet égard, leur compilation pourra satisfaire, sous d'autres rapports, un grand nombre de ses lecteurs, et elle suppléera, dans certaines bibliothèques, le grand ouvrage de Dulaure.
Modes.
Si Paris, en ce moment, semble voué à la simplicité et presque à l'indifférence, en revanche, à Bade, Spa, Aix en Savoie, et en quelques autres lieux privilégiés, on mène élégante et joyeuse vie. Nous recevons des lettres qui ne parlent que de bals, de fêtes, promenades et toilettes.
Ces toilettes, nous avons pu les voir chez les habiles faiseuses; mais qu'est-ce qu'un costume, si charmant qu'il soit, si on ne le voit que dans la psyché d'un atelier? Ce n'est là qu'une apparence trompeuse, sans réalité et sans vie. Le caprice et le goût modifient, transforment et animent les plus heureuses intentions selon les lieux et les circonstances.