On ne recevait autrefois à l'hôpital de la Charité que des hommes attaqués de maladies curables, et encore fallait-il que ces maladies ne fussent point contagieuses ni honteuses. On s'accordait généralement à louer les soins, la propreté, la bonté, la charité véritable, avec lesquels les malades étaient traités. Parmi les garçons chirurgiens attachés à rétablissement, il y en avait un à qui six ans de service conféraient de droit la maîtrise. La Charité s'appelait, pendant la Révolution, hospice de l'Unité: Ce n'est qu'en 1818 qu'elle a repris son premier, son véritable nom.
L'établissement de l'école clinique interne de cet hôpital date de l'an X (1801).
Nouvelle Porte de l'Hôpital de la Charité.
La Charité est ce qu'on appelle un hôpital général, c'est-à-dire destiné aux personnes des deux sexes atteintes de maladies aiguës, ainsi qu'à celles qui sont blessées ou attaquées de maladies chirurgicales. Situé sur une pente qui se prête parfaitement à l'écoulement des eaux, il occupe un terrain considérable et jouit de forts revenus. Au dix-septième, siècle on y comptait cent cinquante lits; en 1790, il n'y en avait pas plus de deux cent huit, dont plus de moitié provenaient de dotations particulières; la fondation d'un lit, au commencement de la Révolution, coûtait 12,000 fr.; chaque malade, alors comme aujourd'hui, avait le sien; mais les places étaient trop rares, et l'on n'était admis que sur de puissantes recommandations. Aujourd'hui le nombre des lits est de quatre cent soixante-seize, et il s'élèvera en 1844 à quatre cent quatre-vingt-douze. On est mieux traité que jamais; y un reçoit indistinctement les hommes et les femmes, et le seul litre d'admission exigé, c'est d'être malade.
Depuis qu'il est sorti des mains des frères de l'ordre de Saint-Jean-de-Dieu, l'hôpital de la Charité est administré et régi comme tous les autres hôpitaux civils. Ses médecins actuels sont: MM. Fouquier, Rayer, Cruvelhier, Bouillaud et Andral; les chirurgiens: MM. Velpeau et Gerdy; enfin, il a pour pharmacien M. Quevenne.--La mortalité moyenne, à cet hôpital, est d'environ un sur sept.
Les Automates de M. Stevenard,
BOULEVARD MONTMARTRE.
Sous le péristyle d'une porte élégamment sculptée, un domestique, revêtu d'une livrée irréprochable, présente d'une manière respectueuse et tout automatique le programme des sujets mécaniques offerts à la curiosité publique par M. Stevenard, horloger de Boulogne-sur-Mer. Au second étage, une femme élégante, dont les mouvements sont aussi réglés que ceux du valet, remet à travers un guichet surmonté d'une glace une carte devant laquelle s'ouvre d'elle-même une porte de tapisserie donnant entrée dans une antichambre; un monsieur (M. Stevenard en personne) s'avance, salue poliment, et commence au sujet de ses ingénieux mécanismes une petite harangue de laquelle il résulte naturellement que l'orateur est Vaucanson second, ou plutôt Vaucanson premier, ou même encore le seul Vaucanson véritable; les célèbres automates de Vaucanson pouvant faire soupçonner quelque supercherie, parce qu'ils avaient la taille de personnages vivants, tandis que M. Stevenard a perfectionné l'art et créé des automates pygmées. Axiome: La gloire de l'artiste mécanicien grandit en raison de la petitesse de ses oeuvres.
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L'Escamoteur. |
Le Joueur de Flûte. |