Les peintures de nos monuments n'auront donc plus à craindre l'humidité, le soleil, le vernisseur, le restaurateur, ou la pierre lancée par un étourdi. Que cette peinture vitrifiée décore l'intérieur ou l'extérieur d'un monument, un coup d'éponge suffira pour en ôter la poussière.

Le prix en sera le même que celui d'une peinture ordinaire, car un peintre habile, pour donner un carton et son esquisse, ne demandera que le tiers du prix d'un travail complet, et le reste suffira pour payer l'exécution.

Ainsi, même prix que toute autre peinture, durée égale à celle du monument, économie immense sur le prix d'une mosaïque, ce sont là des avantages immenses et dont on ne saurait trop se hâter de jouir.

Révolution» du Mexique.

LE GÉNÉRAL SANTA-ANNA.

(Suite et fin.--V. p. 337.)

Le président Pedraza, dont l'élection avait causé le bouleversement que nous avons raconté, échappé au sac de Mexico, s'était réfugié à Guadalajara. Le général Guerrero avait été nommé vice-président, et Santa-Anna, tout en blâmant les excès commis dans la capitale du Mexique, s'était hautement déclaré pour lui. Tout était tranquille. Il y avait bien de temps à autre quelques pronunciamentos isolés d'ambitieux subalternes; mais personne ne s'en préoccupait, et les clameurs s'en perdaient sans échos dans les vastes solitudes de la république.

Cet état de choses dura jusqu'en septembre de l'année 1829. A cette époque une ridicule tentative fut faite par l'Espagne, pour reconquérir le Mexique. L'expédition partit cette fois encore de la Havane, comme trois cents ans auparavant; mais Cortez n'était plus là. Le brigadier Barradas vint débarquer à Tampico avec 3,000 hommes.

Pendant que le général espagnol, indécis sur la marche qu'il doit suivre, lance des proclamations qui demeurent sans effet; pendant qu'à Mexico on s'agite sans rien arrêter, à cette surprenante nouvelle, Santa-Anna s'arrache à la vie des champs, rassemble de nouveau ses soldats, met en réquisition forcée tous les navires caboteurs en rade de Vera-Cruz, y embarque ses hommes à la hâte et sans ordre du gouvernement, sans aucun pouvoir spécial, traverse le golfe, débarque près de Tampico, livre bataille aux troupes de Barradas et les taille en pièces. Celui-ci se rembarque aussitôt, emporte sa caisse militaire pleine de quadruples, laisse ses soldats se disperser comme bon leur semble, et la nouvelle de sa déroute parvient à Mexico presqu'en même temps que celle de son débarquement.

Au mois de décembre suivant, le général Bastamante, proclamé par les troupes du camp de Jalapa pour renverser Guerrero, marche sur Mexico. Santa-Anna, de retour à Manta de Clavo, avait, avec sa rapidité accoutumée et l'ascendant de sa parole, réuni une nouvelle année pour voler au secours du vice-président. Il arrive à Jalapa qui frémit encore de la nouvelle insurrection, et là il apprend que Guerrero a quitté Mexico et s'est jeté dans le sud. Pensant alors que la fortune de Bastamante l'emporte sur celle de Guerrero; que le temps n'est pas encore venu de lutter personnellement avec un rival dont le nom l'importune déjà, Santa-Anna licencie ses troupes qu'il retrouvera toujours, et revient, comme Cincinnatus, à ses champs jusqu'au moment où il combattra lui-même pour cette présidence qu'on se dispute sous ses yeux et à laquelle son âge ne lui permet pas encore d'aspirer, car il n'a pas trente-cinq ans révolus. Deux années s'écoulent pendant lesquelles Santa-Anna, retiré dans son hacienda, se livre paisiblement à ses passe-temps favoris, les combats de coqs, les courses de chevaux, le jeu, et paraît avoir rejeté loin de lui toute idée d'ambition. Le 14 février 1831, dans cette même ville de Oajaca où il avait bravé lui-même avec tant d'insouciance les efforts du gouvernement, l'infortuné Guerrero achevait à la fois sa campagne et son existence aventureuse. Il venait d'être fusillé, et la nouvelle de son exécution dut troubler la solitude de Santa-Anna. Bastamante succédait à Guerrero, et gouvernait tranquillement dans Mexico. Pendant le cours de cette année, rien ne put faire soupçonner que Santa-Anna commençât à trouver pesante une inaction si prolongée, si étrangère à ses habitudes et à son esprit. Le chemin qui conduit de Vera-Cruz à Manga de Clavo restait désert; ou n'y entendait plus résonner le galop de ces courriers qui se croisent et se suivent aux jours où il médite quelque pronunciamiento imprévu. Au dehors et au dedans de l'hacienda, tout était tranquille.