Au bal donné par la ville, le 23, au Grand-Théâtre, et où figuraient environ quatre mille invités, madame la duchesse de Nemours a dansé d'abord avec M. Arnaud, l'un des adjoints du maire. Cette première contredanse, suivant l'expression des journaux officiels, avait été donnée à l'édilité; l'armée, dans la personne de M. le général Duchamp, a eu les honneurs de la seconde; M. Girardin, procureur du roi, a représenté, dans la troisième, la magistrature; et, dans la quatrième, M. Paul Eymard, fabricant, le commerce lyonnais.

Mais quels étaient les représentants de la population des travailleurs? C'est ce que les organes ministériels ne nous ont point appris.

Pose du la première pierre du pont du Change, à Lyon.

Courrier de Paris.

Mais vraiment où allons-nous? on ne pourra bientôt plus ni boire, ni se vêtir, ni manger, et peu à peu nous mourrons tous, vous, moi, notre voisine et notre voisin; oui, nous mourrons de faim et de soif, comme je ne sais quel pauvre diable qui expira d'inanition à côté d'une table amplement servie, n'osant toucher ni aux mets ni aux vins, de peur qu'ils ne fussent empoisonnés.

Ceci vraiment passe la plaisanterie, et National, qui a le premier révélé cette cuisine pendable, mérite qu'on porte un toast à sa santé et qu'on l'arrose du plus pur nectar qui mûrit au soleil de la Côte-d'Or.

Chacun son goût! le National n'aime pas plus les produits frelatés en boutique qu'en gouvernement; et en même temps qu'il s'attaque aux débitants de politique falsifiée, il déclare la guerre aux fabricants de marchandises suspectes et de denrées de mauvais aloi; le manifeste qu'il vient de lancer tout récemment contre ces industriels prévaricateurs contient les faits les plus curieux et les plus graves.

On fabrique de l'huile d'olive avec du saindoux; du papier avec du plâtre; du pain et de la brioche avec du sulfate de cuivre; du blé avec du sable; du son avec de la sciure de bois; du thé vert avec du jaune de chrome ou de la mine de plomb; du sel avec de l'iode et du cuivre; du vin avec de la litharge et du bois de Campêche; du savon avec des pierres à fusil, et du lait avec des cervelles. Quant à l'eau, ce complice immémorial des marchands de vin, il s'en débite à Paris seulement cinq cent mille hectolitres par an, sous prétexte de bordeaux et de bourgogne; onde innocente du moins, qui n'en veut qu'aux gourmets et aux ivrognes! débit de consolation breveté par la société de tempérance» Mais, hélas! hélas! le sincère Bacchus, Bacchus généreux est mort et enterré sous le pont Neuf, dans le lit de la Seine. Ainsi la Parisien peut dire comme Auguste:

Dieux! à qui désormais voulez-vous que je fie