Ce serait une position analogue que M. Maquet, en organisant la caisse des pension de retraite, voudrait créer en faveur de ces ouvriers vieux et infirmes, de ces invalides de l'industrie qui, après une vie entière passée dans de pénibles travaux, n'ont d'autre perspective que le dénûment dans l'infirmité.

Jusqu'ici, en effet, qu'a-t-on fait pour l'ouvrier? Le gouvernement, ce tuteur-né des intérêts généraux, qui impose d'autorité une économie sur le traitement de l'officier ou du bureaucrate, qui les rend prévoyants par ordre, a-t-il songé à assurer à l'ouvrier un morceau de pain à la fin de sa carrière? Souvent même se croit-il bien généreux quand, l'arrachant à la municipalité, il l'envoie cacher ses infirmités derrière les murs d'un de ces hôpitaux qu'il entretient avec les sueurs du malheureux, avec le produit des charges publiques, surtout des octrois, qui pèsent bien plus sur le pauvre que sur le riche.

Différente des caisses d'épargne, la caisse des pensions de retraite ne rend les épargnes qu'elle à reçues par fractions que sous forme de pensions, ou tout au moins de secours qu'on pourrait appeler des pensions temporaires, et après un laps de temps qui ne peut être moindre de vingt-cinq ans. Ces pensions doivent être le résultat de versements ou de retenues volontaires de 6, 12 ou 21 francs par an, à percevoir par fractions de 12, 25 ou 30 centimes par semaine, suivant l'âge ou la progression du salaire.

Le minimum des versements pendant vingt-cinq ans est de 450 francs; le maximum, de 20 centimes par jour.

Toute personne de l'un ou de l'autre sexe, de dix ans et au-dessus, peut faire partie de la caisse, sur la présentation de son acte de naissance.

Les versements ne pourront être moindres

De 6 francs par an, de dix à quinze ans;

De 12 francs, de quinze à vingt ans;

De 24 francs par an, de vingt ans et au-dessus.

Les souscripteurs devront faire leurs versements par semaine ou par mois.