ROMANCIERS CONTEMPORAINS.

CHARLES DICKENS.

Martin fait de nouvelles connaissances et Mark un nouvel ami.

(Voir t. II, p. 20, 35, 105 et 159.)

Il était dans la nature de Martin d'oublier tout le temps son pauvre compagnon aussi complètement que s'il n'y eût jamais eu de Mark Tapley au monde; ou, si le souvenir du personnage s'offrit un moment à son imagination, il eut soin de le congédier au plus vite, comme chose de peu d'importance qui attendrait bien son entier loisir. Pourtant, lorsqu'il se retrouva dans la rue, l'idée que Mark pouvait s'ennuyer de faire le pied de grue sur le palier du Rowdy-Journal lui traversa de nouveau l'esprit, et il donna à entendre à son nouvel ami qu'il ne serait pas fâché de diriger la promenade de ce côté.

«A propos, continua Martin, et pour ne pas être en reste de questions, oserais-je vous demander si vous habitez cette ville, ou si, comme moi, vous n'y êtes qu'en passant?

--Tout à fait en oiseau de passage, reprit son ami. Natif de l'État de Massachusetts, je suis fixé dans ma tranquille petite ville de province, et l'on ne me voit pas souvent au milieu de ces foules affairées qu'on aime d'autant moins qu'on les connaît davantage.

--Vous avez voyagé à l'étranger? demanda Martin.

--Beaucoup.

--Et à l'instar de la plupart des voyageurs, vous n'en êtes que plus attaché à vos foyers domestiques, à votre contrée natale? demanda de nouveau Martin, qui examinait son interlocuteur avec quelque curiosité.