«Pourquoi ne recourez-vous pas à Pommaso Pezzano?» lui dit Ramengo. Le Pezzano était un astrologue de ce temps fort renommé dans Avignon; et c'était alors, et non pas seulement alors, un expédient excellent pour les esprits faibles et indécis, que de substituer aux calculs de la prudence les prophéties d'un imposteur. Le conseil plut à Francesco. L'astrologue, après avoir fait montre d'études et de connaissances mystérieuses, lorsqu'il eut observé pendant plusieurs jours la main de Pusterla et les étoiles, formé l'horoscope et trouvé l'ascendant, lui annonça alors que sa vie était en grand danger, et une quelqu'un, sous de gracieuses apparences, cherchait à le livrer à ses pires ennemis.

Il n'en fallut pas davantage pour confirmer Pusterla dans le doute qu'il avait déjà conçu que la cour pontificale voulait le livrer, comme une victime, à Visconti réconcilié. Il fit donc les préparatifs de son départ. Quelques raisons que lui apportât son oncle, quelques exhortations qu'il lui fit, les larmes aux yeux, d'écouter la divine sagesse, qui taxe de folie ceux qui dépensent leur argent à tenter la ruine des puissants, quelques assurances qu'il lui donnât qu'il n'avait point à craindre de trahison si noire des prêtres d'un Dieu de justice, Pusterla se confirmait d'autant plus dans son projet de revenir en Italie, «Enfin, disait-il, quel mal peut-il m'arriver? Je ne me livre point aux mains de mon persécuteur; je ne me confie point aveuglement à une indulgence, à une générosité mensongères. Non: je reverrai l'Italie.--Italie! qui peut proférer ton nom sans ajouter belle et infortunée! Je m'approcherai de mes amis, de Marguerite. De là, je pourrai comprendre et apprécier la situation de ma patrie; et mieux que dans Avignon, terre de prêtres, je trouverai un sûr et honorable asile dans Pise: Pise libre, souveraine des mers et ennemie des Visconti!»

Modes.

La fourrure et le velours commencent à dominer dans toutes les toilettes, et les plus merveilleux pardessus, paletots et même twines seront bordés de martre. La forme qui semble vouloir être adoptée par les femmes élégantes est celle dit kazadaveka, dont nous donnons aujourd'hui le modèle, pour la promenade, il doit être plus long. En velours garni de fourrure, il est charmant.

L'autre figurine porte un pardessus en satin avec collet et des manches qui s'ajustent à volonté; c'est presque l'ancien witchoura serrant la taille.

Pour les sorties de bal on fait de très-grands mantelets à capuchon bordé de cygne ou d'hermine.

Quant aux twines, puisque cette mode anglaise, déjà acceptée par les hommes, semble prendre aussi une place importante dans nos toilettes, et qu'ainsi elle devient française, disons que ces vêtements se font en drap-cachemire brodé en soutache et doublé en fourrures on en satin; le collet, fait a peu près comme le collet des habits, est recouvert de fourrures, et peut se dresser pour garantir le cou du froid; les manches sont aussi comme celles des homme, mais plus larges du haut, afin de laisser libre le passage de la robe; les parements en fourrures permettent aux mains de se cacher dessous en l'absence du manchon, qui souvent est gênant par un temps pluvieux.

Les jupes des robes conservent beaucoup d'ampleur, mais on a supprimé les tournures et les jupes crinolines. La taille gagne beaucoup de grâce à être entourée seulement des plis de la robe. Les manches des robes de sortie se finit plus souvent justes; la variété est dans l'arrangement des ornements; c'est une affaire de goût et d'intelligence.