Bélisaire ne sait d'abord que penser d'une pareille conduite; il commence à y réfléchir sérieusement, quand Eutrope vient l'arrêter avec quatre hommes et un caporal, et lui ordonne de le suivre devant... l'empereur. Bélisaire paraît surpris de ce manque d'égards; Eutrope le lorgne avec l'aisance superbe d'un imprésario; mademoiselle Grisi-Antonine se moque de lui par derrière: sa vengeance commence.

Aussitôt pris, aussitôt jugé. Accusé de trahison par Eutrope et d'infanticide par son épouse, Bélisaire semble frappé de la foudre. Tous les assistants font un mouvement de surprise et d'horreur. Le sénat condamne le prévenu. Douleur d'Alamir; douleur d'Irène; joue de mademoiselle Grisi-Antonine, qui rit à s'en tenir les côtes.

Bélisaire est emmené par les gardes, dit le libretto; Irène et Alamir les suivent désolés. Justinien et les sénateurs paraissent bouleversés par la douleur.

Acte II.--L'Exil.

Le peuple et les vétérans gémissent sur le malheureux sort de Bélisaire.

Quand ils ont suffisamment faussé, ils se retirent, et Alamir s'avance vers le trou du souffleur.

On vient de lui apprendre que Justinien, imitant l'exemple du prince Rodolphe, a fait crever les yeux à son prisonnier.