A M. Dz. de D.--Messages boiteux. Eh! monsieur, n'en riez pas et ne croyez pas nous faire honte. Nous avions précisément songé à emprunter à ce bon vieux messager son titre en y ajoutant seulement l'épithète indispensable illustré. pourquoi pas? Longtemps la plus grande partie de la France n'a pas eu d'autre journal, d'autre livre. Le messager boiteux (je crois le voir encore, une lettre à là main) était le bien venu non pas seulement dans la ferme et dans la chaumière: ou l'accueillait dans les châteaux. Vos aïeux, monsieur le comte, ne dédaignaient pas, je suis sûr, de le feuilleter en janvier, pendant les longues veillées.
En auriez-vous conservé par hasard la collection sur quelque rayon poudreux de votre bibliothèque? veuillez le parcourir, et vous serez étonné d'y trouver des faits utiles et curieux qui, aujourd'hui même, auraient (pour d'autres que pour vous) l'attrait de la nouveauté.
A M. Noug...--Il ne nous appartient pas de donner des conseils sur une affaire aussi délicate. Cependant nous croyons pouvoir répondre: «Ne vous y fiez pas.»
A M. B. r.--Les fêtes et les cérémonies, dont parle M. B. r. n'entrent que pour une proportion assez faible dans notre fonds. Ce qui ne change pas dans ce monde est en petite minorité; ce ne sont pas apparemment les mêmes hommes, qui meurent tous les ans, et les hommes ne sont pas les seuls à mourir et à naître. Beaucoup de gens reprochent à l'histoire de notre temps d'avoir toute l'inconstance de la mode: ils trouvent qu'il n'y a que trop d'agitation, d'intimations, d'inventions de toute sorte dans la politique, l'industrie, les arts, les lettres, etc. A certains égards, ils ont sans doute tort de s'effrayer; mais ils nous donnent raison contre M. B. r. En somme, lorsque rien n'est plus changeant et plus mobile que la vie, comment craindre l'uniformité pour une œuvre qui en veut être le miroir! La vérité est que chaque semaine nous avons à regretter une foule d'omissions; notre étude la plus importante est de les éviter, et nous espérons que les encouragements publics nous aideront à suffire un jour complètement à notre tâche.
A. M. Bourd. Un jeune artiste qui ne fume pas et qui ne reste jamais plus d'une heure étendu sur son canapé! Votre fils est un jeune homme précieux, monsieur. Donnez-nous son adresse.
A M. Louis Tol...--Paix à sa mémoire. Le lendemain de son dernier jour, nous avons hésité; aujourd'hui nous n'hésitons plus: il avait des amis.
A. M. Jul. de Lyon.--Votre plainte peut être légitime. Nous ne refuserons pas de donner à votre invention, en temps, utile, la publicité que vous désirez. Provisoirement des deux partis devant lesquels vous restez indécis, il en est un que nous ne pouvons approuver. Vous connaissez ces vers de Delille:
Malheur au citoyen ingrat à sa patrie
Qui vend à l'étranger son avare industrie.
A M. Ern. Milb...--Trop long. Les allusions politiques nous en interdiraient, d'ailleurs, l'insertion.