Dès le mois d'août 1842, l'agha El-Mezari (v. l'Illustration, t. Ier, p. 349), deux de ses fils et Abd-el-Aziz, chef des Douairs de la province d'Oran, avec une douzaine du personnes de suite avaient été admis comme pèlerins, aux frais de l'État, sur les paquebots partant de Marseille pour Alexandrie, d'où ils ont également été ramenés de la même manière.
Les heureux résultats produits par ce premier essai ont déterminé le gouvernement à le renouveler cette année. Le 4 octobre 1843, le bâtiment à vapeur le Cerbère, affecté à cette mission spéciale, est arrivé à Alger; il en est parti le 6 pour aller prendre d'abord à Tanger quelques personnages importants qui ont sollicité cette faveur et auxquels elle a été accordée, il a touché ensuite successivement à Mers-el-Kebir, Cherchell, Alger, Philippeville et Rone, pour recueillir dans chacun de ces ports les pèlerins algériens, et a continué sa marche vers Alexandrie en touchant à Tunis, ou il avait également l'ordre de recevoir à son bord les pèlerins de cette régence. Outre les provisions nécessaires à leur nourriture, le Cerbère a embarqué à Toulon deux cents couvertures de campement, destinées à les garantir des rigueurs de la saison pendant la traversée.
C'est par de semblables mesures, sagement combinées avec les résultats des expéditions militaires et surtout avec le développement de la colonisation, qu'il deviendra chaque jour moins difficile, il faut l'espérer, d'assurer le succès de l'œuvre importante que la France a entreprise et poursuit depuis plus de treize années en Algérie.
Académie des Sciences.
COMPTE-RENDU DES SÉANCES DES DEUXIÈME ET TROISIÈME TRIMESTRES.
(Voir t. II, p. 182.)
1. Sciences médicales. (Suite.)
Pathologie médicale.--M. Guyon a adressé d'Alger à M. Breschet une note sur un cas de morve précédée de farcin qui s'est développée par contagion du cheval à l'homme, et a pu être inoculée de l'homme au cheval. Cette observation, recueillie avec le plus grand soin et très-détaillée, suffirait à détruire tous les doutes, s'il pouvait en exister encore sur la propriété contagieuse pour l'homme de cette affection terrible, et jusqu'à présent incurable dans l'espèce humaine.
M. Moreau de Jonnès a communiqué à l'Académie, dans les séances du 10 juillet et du 7 août, des données statistiques nouvelles sur le nombre d'aliénés existant en France, et sur les causes de l'aliénation mentale. Ce sujet avait déjà été abordé par plusieurs auteurs, mais aucun n'avait pu réunir les éléments de calcul que M. Moreau de Jonnès a trouvés dans une investigation officielle. Les recherches de ce savant consciencieux portent à. 18,350, ou 1 sur environ 2,000 habitants, le nombre des aliénés existant en France. Ce calcul est basé sur huit recensements annuels et généraux.
3,400 à 5,800 aliénés, 1 sur 6,000 habitants, sont annuellement admis dans les hospices; les sorties montent à 3,000, les morts sont de 1,600 à 1,969, 9 à 10 sur 100.