La gravure ci-jointe représente un des nouveaux pianos que MM. Collard et Collard viennent de terminer pour la reine d'Espagne et pour sa sœur l'infante. Le registre de ces instruments embrasse sept octaves, car il s'étend de A à A. Les sons en sont riches et puissants; le clavier est doux et facile.--Leur beauté rivalise avec leur qualité. Rien de plus magnifique que les ornements extérieurs qui les embellissent, Les cases sont en beau chêne anglais de premier choix. Les côtés se composent de panneaux décorés de sculptures dorées; trois pieds élégants et massifs, également sculptés et dorés, leur servent de support. Mais la lyre qui cache les cordes des pédales, le pupitre et les bougeoirs attirent surtout les regards par leur richesse.--En un mot, ces instruments font le plus grand honneur à leurs facteurs. Ils ont reçu avant leur départ pour l'Espagne de nombreuses visites. Nous ne craignons pas d'affirmer, avec les juges les plus compétents en pareille matière, que MM. Collard et Collard n'ont plus de rivaux à craindre dans la fabrication des pianos, ni en Angleterre, ni sur le continent.
Modes.
Le cachemire, la fourrure et le velours sont les plus belles parures de la saison d'hiver; le cachemire surtout, que les Parisiennes ont une manière particulière de draper. Une femme de Paris ne drape pas un châle long aujourd'hui comme elle le drapait il y a cinq ans; à cette époque la pointe était posée droit; maintenant la richesse des bordures a fait une obligation de porter le châle presque carrément afin d'en laisser voir le dessin. Au reste, il est assez difficile d'expliquer ces différences-là, elles ne se décrivent et ne s'apprennent pas, et l'on peut dire, à l'imitation de Brillat-Savarin: Toutes les femmes s'habillent, mais peu savent s'habiller.
Les garnitures de rubans sont fort en vogue; le matin on porte une robe ornée de rubans sur les devants et au bord des manches demi-larges, dans le genre de celle que représente l'Illustration. Le soir, en petite toilette, encore une robe de soie en pékin satiné ou une robe de satin glacé, toute garnie de rubans aux manches, au corsage en forme de V, et à la jupe en tablier.
La passementerie, le velours et le ruban résument toutes les garnitures de robes de la saison.
Les parures du soir sont toutes en étoffes lourdes; l'heure des toilettes de bal n'a pas encore sonné.
Les petits bonnets marquises, les coiffures coquettes sorties des magasins de Lucy Hocquet parent chaque soir la foule élégante des Italiens ou de l'Opéra.
A l'une des dernières représentations de Maria di Rohan, on a principalement remarqué un charmant petit chapeau en velours, appelé Montpensier, avec une seule plume couchée. Mais le grand luxe de l'hiver, ce sont les fleurs naturelles en guirlandes, bouquets à la main et bouquets de corsage; quelquefois même, on remplace les fleurs artificielles d'un bouquet pur des fleurs naturelles.
Le costume de petite fille que nous donnons aujourd'hui est destiné à la parure du salon: la robe est en organdi avec deux petites broderies en laine de couleur; le corsage a un revers bordé de la même broderie; un rang de valencienne le garnit; une écharpe en soie de couleur remplace la ceinture.