Il en est de même de ce qui se passe à la sortie: les premiers choisissent dans toutes les places mises à la disposition de l'École. Les carrières préférées changent et varient selon les temps. Sous l'Empire, les élèves choisissaient les carrières militaires préférablement aux carrières civiles; aujourd'hui c'est le contraire. Voici, en général, l'ordre des choix qu'on remarque actuellement: mines, Ponts et Chaussées, constructions maritimes, état-major, génie militaire, artillerie, marine, artillerie de marine, tabacs. Cet ordre est parfois interverti; mais c'est une exception à la règle, qu'il faut attribuer à des convenances personnelles ou a des goûts particuliers.

Il est deux catégories d'élèves malheureux dont nous devons dire quelques mots: 1° ceux qui, sortis dans les derniers rangs et trouvant toutes les positions prises, n'emportent de l'École que le titre honorable d'élève et un utile brevet de capacité; 2° ceux qui, sans une excuse suffisante, comme, maladies, etc., n'ayant pas satisfait aux exigences des examens de fin de première année et de sortie, ne sont jugés dignes ni du titre d'élève, ni du brevet de capacité. Le nom pittoresque que l'École donne à ces derniers, et qui leur reste, est celui de fruits secs.

Il y aurait peut-être un curieux chapitre à faire sur la vie intime des élèves, sur leur esprit, leurs jeux caractéristiques, les absorptions fréquentes, les rares bascules, la fête du jour de l'an, où les nouveaux cessent d'être conscrits et ne sont pas encore anciens, la position de problèmes insolubles, le bal des fruits secs avant les derniers examens, etc., etc. Mais ce n'est point par ce petit côté de la vie des élèves de l'École qu'il faut les juger, pas plus qu'on ne juge les artistes par les plaisanteries de l'atelier. L'étude constante, la discipline sévère, le travail assidu, la dignité personnelle, la conduite régulière, voilà le bon, le grand rôle de la vie des élèves. C'est par là qu'ils arrivent, en cultivant leur intelligence, en se formant aux solides vertus sociales, à soutenir dignement la réputation de cette brillante et féconde École Polytechnique que l'Empereur, dans son style énergique, nommait sa Poule aux œufs d'or.

Révolutions du Mexique.

(Voir, sur Santa-Anna, t. 1er, pages 337 et 403; sur
Bustamante, t. II, pages 81 et 123; suite et fin.--V. page 226)

D. LUCAS ALAMAN.

Alaman entra au ministère des relations extérieures avec l'idée fortement arrêtée de faire marcher de pair la réforme politique et financière; l'exécution de la seconde devait lui fournir les moyens d'opérer la première, et, pour y parvenir, il ne s'agissait que d'appeler aux emplois les hommes les plus probes. Telle était la corruption apparente, qu'il semblait impossible de pouvoir les trouver. S'il n'en trouva pas en effet un nombre suffisant en qui la capacité se joignit à la probité, il sut du moins, en utilisant ceux qu'il rencontra, réprimer les concessions des employés qu'il maintint, par ce moyen, la contrebande fut comprimée, le trésor vit ses coffres se remplir du produit des droits qui, avant lui, ne servaient qu'à enrichir les administrateurs des douanes; et les troupes, bien payées, bien habillées, purent devenir un appui pour le gouvernement. Les dépenses ne dépassant plus les recettes, l'économie présida aux dépenses du trésor, confié au ministre Maugino; en un mot, sous l'administration d'Alaman, le Mexique se vit organisé en véritable gouvernement, et ce fut lu première fois depuis l'Indépendance.

Dom Lucas Alaman.

Le brigandage des grandes routes, du moins entre Vera-Cruz et Mexico, subit le même sort que la contrebande. Des détachements de cavalerie vinrent occuper les principaux repaires; quelques voleurs signalés par leurs exploits furent étranglés (garrotados) ou fusillés; les autres suspendirent aux murs de leur maison leur carabine et leur lacet jusqu'à des temps plus prospères, tandis que la contrebande, traquée à Vera-Cruz, s'allait réfugier à Tuxpam. Les voyageurs purent circuler sans crainte que quelque rencontre, fâcheuse ajoutai une croix de plus aux croix de meurtres des chemins, et les douaniers préposés au déchargement des navires s'armèrent, bien à contre-cœur, d'une incorruptible sévérité.