Ce titre a quelque chose d'effrayant... pour la Chine. Le grand empereur dont l'Illustration a récemment publié un portrait si ressemblant ne pourra plus désormais empêcher les Barbares de dépasser la ligne de ses frontières. De quelle utilité lui sont maintenant sa grande muraille et ses 100,000 sentinelles tartares? MM. Old Nick et Auguste Borget nous ouvrent à deux battants toutes les portes de son vaste royaume. Une grande invasion se prépare. A cette immense et incroyable histoire, une partie de la population de Paris s'est précipitée.... rue Saint-Benoît, 7, chez M. Fournier, où se distribuent, au faible pris de 15 fr., les billets d'admission au Céleste-Empire. Déjà les faubourgs, s'agitent et la province se met en marche. Avant la fin de l'année qui n'est pas encore commencée, dix millions de Français auront pénétré dans le Céleste-Empire, sous la conduite de MM. Old Nick et Auguste Borget.

Où trouverait-on d'ailleurs deux guides plus aimables, plus sûrs et plus instruits? Le spirituel critique du National, l'habile rédacteur de la la Revue Britannique, l'ingénieux auteur des Petites Misères de la vie humaine, a fait ses preuves; vous le connaissez tous. Quant à son collaborateur, M Auguste Borget, jeté par une tempête sur les rivages de la Chine, il a passé six mois à Macao et en divers villages du littoral; il a rapporté de ce voyage des collections, des dessins qui ont fait à Paris l'admiration de tous les amateurs, et dont

MM. Rittner et Goupil ont publié une partie sous le titre de: la Chine et les Chinois, enfin, il a exposé aux salons de 1842 et 1843 des tableaux que sa majesté le roi Louis-Philippe s'est empressé d'acheter, pour en orner les plus belles salles de son palais de Neuilly.--Ne sont-ce pas là des garanties suffisantes? N'avons-nous pas le droit de vous recommander, avant même qu'il ait paru, le livre illustré que publieront par livraisons hebdomadaires, en 1844, MM. Old Nick et A. Borget. En outre, leur intelligent éditeur ne mérite-t-il pas pleine et entière confiance, et ne devons-nous pas croire ce que dit son prospectus: «Ni les titres, ni les manuscrits, ni les renseignements personnels n'auront manqué, par conséquent, à la composition d'un volume qui, sous une forme légère, résumera une masse énorme de document sérieux. Marco Polo, Mendoça, le père Alexandre, Spizelius, Kircher, les Missionnaires, de Guignes, Harrow. Staunton, Clarke Abel, Timbowski, Abel Rémusat, Davis, Stanislas Julien, Ad. Barrot, Downing, Kidd, Gutzlaff, lord Jocelyn, et les rédacteurs du Chinese Repository, en auront tourné chacun quelques pages; l'auteur les leur restitue comme il le doit. L'éditeur, à son tour, promet que de tous ces livres, dont quelques-uns sont bien vieux, sortira un livre vraiment nouveau.

Peut-être jugera-t-on que la Chine ouverte, la Chine renouvelée, ajoute à un travail de ce genre tout l'attrait d'une publication de circonstance; mais, avant comme après la paix de Nan-King, l'Anacharsis chinois était à faire. C'est ce qui va être tenté..

Comme spécimen des gravités de ce curieux ouvrage, nous donnons le portrait d'un [illisible] et le vue extérieure d'un [illisible]--Que nos abonnés ne nous demande aucun renseignements sur les habitants et les chinoiseries que nous leur représentons, nous leur répondrons «La chine est ouverte, allez vous embarquer rue Saint-Benoît, nº 7. Le voyage sera long (il durera cinquante semaines), mais peu coûteux (trente centimes par semaine), aussi agréable qu'instructif (MM. Old Nick et A. Borget tiendront toutes leurs promesses), sûr (M. Fournier a-t-il jamais laissé un ouvrage inachevé?), et, chose étrange, vous le ferez entièrement sans quitter votre fauteuil, votre maison, votre femme et vos enfants. A de telles conditions, qui ne partirait.... pour la Chine ouverte?

Impressions de voyage de M. Boniface, par Cham (4).

Note 4: Album.--Paris, Paulin. 3 fr.

Qu'est-ce donc que M. Boniface, qu'il s'imagine avoir le droit de nous faire raconter par M. Cham, au crayon et à la plume, ses excursions sur terre et sur mer, sur la tête et sur le nez, etc., le tout mêlé de bosses et coloré de bleus et de noirs? M. Boniface, puisqu'il faut l'avouer, est un proche parent de MM. Vieuxbois, Jabot et Crépin, d'heureuse mémoire. Comme eux, il ne saurait prétendre à la réputation d'un Adonis persécuté par la mauvaise fortune qui les a tourmentés; il joue constamment un rôle moitié triste, moitié plaisant dans une longue série d'incroyables aventures; enfin, à l'instar de. M. Vieuxbois, il traîne toujours après lui un chien fabuleux. Pour le moment, M. Boniface ne se présente à nous qu'en qualité de réfractaire de la 4e

compagnie du 3e bataillon de la 10e légion. Comme moi et comme vous peut-être, cher lecteur, il a une horreur instinctive pour le service de la garde nationale; il fait plus: non content d'avoir tressailli dans son lit en recevant un billet de garde, ainsi que vous pouvez en juger, il a résolu de s'affranchir de ce joug odieux, il s'exile temporairement, il part pour la perfide Albion, avec son chien.--Je ne vous raconterai pas toutes les petites misères qui l'accablent pendant son voyage de Paris à Boulogne, il s'en console en admirant, par les fenêtres du coupé, les belles campagnes de la Picardie.