garde de la légion et son malheureux chien. Plus de trente dessins sont consacrés à la représentation de l'affreux supplice infligé aux deux coupable par l'élément vengeur. Le bâtiment s'avance vers Douvres d'un air si penché, qu'à sa vue seule on comprendra les horribles douleurs éprouvées pendant la traversée par M. Boniface, son chien et ses compagnons d'infortune;
M. Boniface surtout s'abandonne à des contorsions dont son historien retrace les accidents variés avec une fidélité à vous donner le mal de mer. Il perdit même la présence d'esprit dont la nature l'avait doué, et s'étant assis imprudemment sur une voile, il se trouve un moment hissé par le fond de son pantalon au sommet le plus élevé du mat le plus haut du navire.
Heureusement, le Sauteur avançait toujours, et il jeta l'ancre dans le port de Douvres, à la grande curiosité des naturels.
Ici s'arrêtent nos révélations.--Gardes nationaux accomplis, qui êtes toujours aussi fidèles à votre compagnie qu'à votre compagne, désirez-vous savoir à quelles épouvantables tortures M. Boniface fut condamné à Londres pour avoir refusé de monter sa garde à Paris, achetez le petit album que vient de publier M. Cham, et vous passerez, je vous le jure, un joyeux quart d'heure. Le gouvernement devrait, en vérité, souscrire à 80.000 exemplaires, et faire distribuer les impressions de voyage de l'infortuné réfractaire de la 4e du 3e de la 10e à tous ses camarades. Il pourrait ensuite fermer l'hôtel des Haricots, supprimer les conseils de discipline, et abroger les dispositions pénales de la loi sur la milice citoyenne. Tous les récalcitrants iraient se jeter, comme le timide et repentant M. Boniface (voir ci-dessus même colonne), aux pieds de leur sergent-major; et si, comme M. Boniface, ils ne méritaient pas d'être élevés au rang de caporal, ils deviendraient au moins des gardes nationaux modèles.
Modes.--Bijouterie.
Les armoiries ont reparu depuis quelque temps sur les panneaux de voiture et sur les cartes de visite. On aime les titres, tout en ayant l'air de les dédaigner, et le peuple le plus frivole de la terre partage cette faiblesse avec d'autres nations et même avec les plus sérieuses du monde, les Américains! Ces derniers n'ont pas de titres, mais, entendez-les, ils pourraient tous en avoir; leur grand-père, aïeul, était comte, baron, etc.
On aime les titres, on s'en fait gloire, et maintenant on s'en pare plus que jamais. Les femmes de l'aristocratie ne pouvant avoir des robes de velours, de gaze ou de satin, faites d'une manière qui établisse ligne ligne de démarcation entre elles et les bourgeoises, se font faire des bijoux, que nous nommerons armories.