«Le troisième jour est Chen-Yat, ou le jour des porcs. Il en est de cette solennité comme du la précédente; les Chinois vénèrent la mémoire d'un de ces animaux qui sauva, suivant eux, un manuscrit précieux de l'incendie; aussi s'abstient-on de la chair du porc durant ce jour.
«Le quatrième jour s'appelle Yaong-Yat (le jour des brebis). Ce jour est consacré à Pun-Kyon-Yengi, berger qui vécut pauvre, ne se nourrissant que de légumes et n'ayant pour vêtement que l'écorce des arbres, mais qui enseigna tout le parti que l'on pouvait tirer de la toison des brebis, «Le cinquième jour se nomme New-Yat (le jour des vaches). Un de ces animaux allaita un jeune enfant dont les parents avaient péri, et qui, étant devenu mandarin par la suite, lui éleva un temple. Telle fut la cause première de l'institution de cette fête; aussi beaucoup de Chinois s'abstiennent-ils tout à fait de la chair de bœuf; d'autres y renoncent à l'âge de 40 ans, sans quoi ils croiraient leur salut compromis.
«La sixième journée est le Ma-Yat, ou le jour des chevaux. Cette fête a été instituée afin d'inspirer au peuple de la considération pour cet utile quadrupède.
«C'est à l'homme qu'est consacré le septième jour; il Se nomme Yen-Yat. Pon-Tso, qui apprit aux Chinois à se nourrir de riz, de blé et de viande, est la divinité de ce jour.
«C'est encore à Pon-Tso qu'est dédié le huitième jour, nommé Ko-Yat le jour des grains. Pon-Tso enseigna le premier que l'on pouvait utiliser les grains et s'en nourrir.
«Pon-Tso est aussi la divinité du neuvième jour, et quiconque veut obtenir du bonheur doit s'empresser de lui porter des offrandes le jour du Mo-Yat jour du lin.»
Empruntons un dernier renseignement à M. Davis. «Comme les Européens, les Chinois se font des visites et des présents le premier jour de l'an, et ils s'envoient de grandes cartes de félicitation ornées d'une gravure sur bois représentant les trois principales félicités dont les hommes puissent, selon eux, jouir sur la terre, savoir: un héritier, un emploi public (ou de l'avancement) et une longue vie. Ces trois souhaits sont indiqués par les figures d'un enfant, d'un mandarin et d'un vieillard accompagné d'une cigogne, emblème de la longévité. Grâce à la complaisance, de M. Fournier, éditeur de la Chine ouverte (3), l'Illustration peut offrir à ses abonnés un fac-similé de l'une de ces cartes, imprimées en général en Chine, comme dans la Chine ouverte, sur papier rouge. Les caractères chinois placés en tête signifient: «Que votre bonheur soit florissant;» ceux, qui sont imprimés sur le côté se traduisent ainsi: «Moi Ma-Tso-Lang (nom honorifique de Soaqua), je vous salue humblement.»
Note 3: Cinquante livraisons à 30 centimes; par Old Nick et A Borget. 5 livraisons ont paru.