Philippe VI, dit de Valois, les réunit à son tour en 1328, à Paris, pour faire déclarer que les enfants des filles des rois de France n'étaient pas aptes à porter la couronne.

Les États-Généraux tenus à Paris par le roi Jean, le 16 février 1350, n'amenèrent qu'une confusion et des divisions qui déterminèrent les provinces à tenir uniquement dans les quatre années suivantes des assemblées d'États particuliers.

Le 2 décembre 1355, le même prince fit l'ouverture, dans la grand'salle du Palais, des États-Généraux de la Langue d'Oil. Pierre La Foret, archevêque de Rouen et chancelier de France, demanda, au nom du roi, des secours qui pussent le mettre en état de se défendre contre Edouard III d'Angleterre. Jean de Craon, archevêque de Reims, porta la parole pour le clergé; Gauthier de Brienne pour la noblesse, et Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris pour le tiers-état. Ils demandèrent la permission de délibérer entre eux pour trouver les moyens les plus prompts d'obtenir l'argent dont ils avaient besoin. Le lendemain ils commencèrent leurs délibérations, et ils firent ce règlement qu'on peut regarder comme le premier par lequel ou ait jamais tenté de donner une constitution aux Etats. Ils décidèrent que rien de ce qu'on proposerait n'aurait de validité que quand les trois ordres l'accepteraient, et que la voix de deux ordres n'entraînerait et n'obligerait pas celle du troisième. Ils votèrent des impôts, notamment sur le sel, et ne les accordèrent que pour un an.

Mais ces impôts furent refusés par plusieurs provinces; et quand, au 1er mars 1356, de nouveaux Etats se réunirent, comme on en était convenu, à Paris, plusieurs députations manquèrent, et celles qui étaient venues eurent la conscience que leurs votes ne trancheraient point les difficultés, et ne seraient pas regardés comme lois par les provinces et les villes non représentées.

Jean ayant été fait prisonnier et emmené à Londres, après la bataille de Poitiers, son fils (depuis Charles V), comme lieutenant-général du royaume, se rendit à Paris, et y réunit les États-Généraux de la Langue-d'Oil, le 15 octobre 1356, dans la grand'salle du Palais.

Disons, pour abréger, que, pendant la captivité du roi Jean, les États furent encore convoqués à Toulouse en 1356; à Paris, le 5 février de la même année (l'année ne commençait qu'à Pâques), en décembre et en février 1357; à Compiègne, en mai 1358; à Paris, en juin 1359; enfin, à Amiens, par le roi Jean lui-même après son retour d'Angleterre, en 1363. Le cérémonial de ces assemblées n'est pas bien connu. Nous devons dire, toutefois, qu'elles étaient toutes précédées par une messe adressée au Saint-Esprit.

Charles V, qui mérita le surnom de Sage, parvenu au trône, ne se hâta point d'assembler des États-Généraux. Ce ne fut qu'après plusieurs années d'un règne heureux et lorsqu'une bonne administration avait déjà réparé en partie les pertes de l'État, qu'il en convoqua de nouveaux à Paris en 1369. Ce fut un triomphe pour lui: ses succès avaient disposé tous les cœurs à le servir et à suivre ses volontés. Malgré tout, ce roi ne convoqua pas de nouveau les États-Généraux pendant son règne.

Celui de Charles VI vit les Etats réunis à Paris en 1380, en 1382. Deux assemblées, qui eurent lieu à Paris, furent également décorées de ce titre. Elles furent présidées, l'une par Jean sans peur, en 1412; l'autre par Henri V, roi d'Angleterre, qui, ayant épousé la fille du roi de France, se prétendait successeur de ce monarque.

En 1439, Charles VII convoqua les Etats-Généraux à Orléans.

Le 6 avril 1467, avant Pâques, Louis XI tint dans la grande salle de l'hôtel archiépiscopal de la ville de Tours, la séance d'ouverture des États-Généraux réunis par lui. Nous empruntons au greffier de cette assemblée quelques-uns des détails de la cérémonie qui en marqua le premier jour: