«Vois-te, Clarisse, je t'aime, quoi que tu fasses, parce que tu es femme jusqu'au fin bout de tes jolis doigts.

--Et, cependant, dit la comtesse en hochant la tête d'un petit air boudeur, vous n'avez pas craint ce soir de me... Méchante Aurélie... me dire que Rutland allait se marier!

--Simple que tu es! c'était pour que tu songeasses à le prendre... Et, d'ailleurs, me suis-je si fort trompée?» répondit la chanoinesse en les regardant tous deux avec un fin sourire.

Marc Fournier.

ALGÉRIE.

DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE.

(Suite et fin.--Voyez tome 1er pages 18 et 121.)

DESCRIPTION DE LA PROVINCE DE CONSTANTINE.--Des trois beyliks de l'ancienne régence d'Alger, le plus étendu, le plus riche et le plus important était le beylik de Constantine, ou de l'Est. Baignée au nord par la Méditerranée, cette province est bornée à l'est par la régence de Tunis, et à l'ouest par la chaîne haute et escarpée du Djurdjura, qui, se détachant du Grand-Atlas dans la direction du sud au nord, et prolongeant ses derniers contreforts jusqu'au cap de Rougie, la sépare des provinces de Titteri et d'Alger; elle s'étend vers le sud jusqu'au grand désert de Sahra, et n'a de ce côté aucune limite tracée.

Rivières.--De nombreux cours d'eau sillonnent la province. Les uns se jettent dans la Méditerranée, les autres se perdent dans les terres. Les plus considérables sont: l'Oued-el-Kebir, ou l'Oued-Rummel (l'Ampsagha des anciens, qui passe à Constantine); la Summam, l'Oued-Zefzaf, la Seibouse, l'Oued-Bondjimah, la Mafrag, le cours supérieur de la Medjerdah, et l'Oued-Djedid.

Villes.--Non-seulement la province de Constantine est la plus grande, mais elle est aussi la plus peuplée de l'Algérie. La plupart des tribus qui l'habitent joignent la culture des terres aux soins des troupeaux. On y compte, indépendamment de Constantine, plusieurs villes, centres de populations et de relations commerciales: Bone, Bougie, Collo. Djémilah, Djidjeli, Guchua, La Galle, Msilah, Philippeville (Stora), Sétif.