Il eût donc donné immédiatement sa démission de député de Vaucluse pour devenir éligible dans le Gard, s'il n'avait cru devoir préalablement attendre la promesse que le ministère lui avait faite de lui donner, à la cour des comptes, un avancement auquel le retraite obtenue de son père pouvait lui tenir lieu de droit. Mais l'avancement s'est fait attendre, la démission a été d'instant en instant ajournée, et le délai pour la réunion du collège a marché. Enfin, mais trop tard, M. Teste fils, ne voyant aucune nomination ministérielle venir, a pris le parti d'écrire à la Chambre que des considérations, dont il ne lui était pas possible de décliner l'influence, le forçaient à déposer le mandat des électeurs d'Apt. Il expédiait en même temps un courrier pour faire savoir à ceux d'Uzès qu'il était leur homme. Hélas! ils n'étaient plus les siens: le nom de M. Labaume, candidat improvisé, sortait au même moment de l'urne, et M. Charles Teste n'est plus député! mais il est toujours référendaire à la cour des comptes et fils de monsieur son père: il a bien là de quoi satisfaire une noble ambition, M. le ministre des finances a déposé sur le bureau de la Chambre le projet de budget pour l'exercice 1845. Les détails ne nous en seront connus qu'après l'impression et la distribution de ce volumineux document.--En attendant, le Moniteur a publié sur les recettes de l'exercice 1843 ou tableau duquel il résulte que le produit des impôts indirects, pendant l'année qui vient d'expirer, s'est élevé à 761,573,000 fr. (sauf des reliquats encore à recouvrer au 31 décembre). Le produit des mêmes impôts, en 1841, avait été de 745,673,000 fr.; il avait été, en 1842 de 751,257,000 fr. Il y a augmentation, en faveur de l'année 1843 de 18,900,000 fr. sur 1841, et de 13,316,000 fr. sur 1842--Cette augmentation provient surtout des droits d'enregistrement de greffe d'hypothèques, de douanes, du produit de la vente des tabacs, etc. Ce dernier revenu s'est élevé à 101,360,000 fr. C'est une augmentation de 6,112,000 fr. sur 1841, et de 3,616,000 fr. sur 1842. Les diminutions les plus importantes sont les suivantes: droits de consommation des sels, perçue dans le rayon des douanes (1813), 58,021,000 fr. Ils avaient été, en 1842, de 59,369,000 fr. Différence en moins: 1,345,000 fr. Droits de fabrication sur les sucres indigènes (1843), 7,394,000 fr. Ils avaient été en 1842 de 8,981,000 fr. Différence en moins: 1,587,000 fr. La progression de 1843 sur 1842 n'a été au total, on le voit, que de tiers de ce qu'avait été celle de 1842 sur 1841. La diminution des droits sur la fabrication du sucre indigène était prévue, mais celle du sel doit éveiller toute l'attention des Chambres. Encore une fois la consommation n'a pu diminuer depuis que le monopole et sorti des mains du domaine de l'État pour passer à celles de la reine Christine, avec les agents de laquelle on a traité. Qu'on surveille donc bien la perception de cet impôt, ou, mieux encore, qu'on le supprime.--Le relevé officiel des dividendes de la Banque de France, qu'un journal a mis en regard de ceux de la Banque de Bordeaux, prouve que cet établissement méconnaît ses propres intérêts, comme il dédaigne ceux du commerce, en demeurant engourdi par la timidité.

En 1842 le dividende du 2e semestre a été de 72 fr.
En 1842 -- -- 1er -- 66
-- -- -- 2e -- 56

pendant que la Banque de Bordeaux, qui n'avait donné qu'un dividende de 50 fr. pendant le 1er semestre de 1843, a pu l'élever à 70 fr. par la réduction du taux d'escompte de 5 pour 100 à 4. A Marseille, où l'on escompte à 2 et demi pour 100 les actions de la banque, émises à l,000 fr., sont à 1,800 et plus.

Maison d'O'Connell.--
Merrion-Square.

Parmi les nouvelles extérieures relatives à la France, on a reçu la protestation du sultan des îles Comores contre notre occupation de Mayotte. M. le ministre des affaires étrangères a déclaré à la tribune de la Chambre des Pairs qu'il n'avait nulle raison de croire à la prise de possession par les Anglais du port de Diégo-Suarez, dans l'île de Madagascar.--La principauté de Monaco est mise en émoi par un des articles du tarif du dernier traité de commerce passé entre la France et la Sardaigne. La richesse de ce petit État, ou plutôt son seul produit exportable, sont les citrons. Les habitants de Monaco déclarent que si la France ne les traite pas aussi favorablement que les Sardes; que si nos ports ne sont pas ouverts à leurs citrons aux mêmes droits qu'aux citrons de leurs rivaux, ils sont gens dépouillés et ruinés, qu'il ne leur reste pas la valeur d'un zeste. Voyons, montrons-nous de bonne composition en faveur d'un pays dont l'air national nous a tous fait danser; et si nous fermons nos bourses à ses gros sous, ouvrons du moins nos cafés à ses limonades.--On lit dans une lettre d'Ancône, du 1 janvier, le passage suivant: «L'estafette de correspondance de San-Leo a apporté la nouvelle de la mort du Français détenu mystérieusement dans cette forteresse. On sait que depuis bien longtemps un prêtre français, quelques-uns le disent ancien évêque constitutionnel, occupe l'affreux cachot où le célèbre Cagliostro termina sa vie aventureuse. C'est une sorte de citerne creusée dans le roc, et dans laquelle on fait descendre, à l'aide d'une corde, les aliments nécessaires à l'existence du prisonnier. La position ne saurait être mieux choisie pour tenir le prisonnier à l'abri de la curiosité des visiteurs. Aussi, jamais un mot n'a pu être échangé pour apprendre son nom on le secret de son crime. C'est sans doute au profond mystère dont la détention de ce malheureux est entourée qu'il en doit la prolongation indéfinie, nul n'étant directement intéressé à réclamer en sa faveur. Cependant, à l'époque de l'occupation d'Ancône par les troupes françaises, des démarches furent faites dans le but d'obtenir l'élargissement d'un prisonnier condamné sans jugement connu et que la voix publique disait être Français. La police pontificale annonça alors officiellement la mort de l'homme qu'on réclamait; et tout fut dit, car on ne pouvait pas aller fouiller les prisons de San-Leo pour s'assurer de la vérité. La même nouvelle qui se reproduit aujourd'hui aurait-elle une cause semblable, ou faut-il y croire cette fois?» M. le duc de Bordeaux a décidément quitté l'Angleterre, et le samedi 13, au soir, il débarquait à Ostende, se rendant en Allemagne. Son coupé de voyage est suis écusson; les panneaux sont simplement ornés d'un H surmonté d'une couronne ducale fleurdelisée. «Le prince, dit l'Observateur belge, est d'une taille peut-être au-dessus de la moyenne; il est très-blond, son teint est pâle; ses traits, où le type bourbonien est facile à reconnaître, sont réguliers; sa marche se ressent très-visiblement de la chute de cheval qu'il a faite il y a deux ans. Ce qui distingue sa physionomie, c'est un grand air de jeunesse et beaucoup de bienveillance.» Il n'a fait que traverser la Belgique et a gagné Aix-la-Chapelle et Cologne, L'Espagne voit poursuivre la restauration christinienne.

M. T. Steele, M. John O'Connell, M. S. Duffy, M. A. Barret.

La pension dont jouissait la régente, à titre de douaire, avant son émigration forcée, vient de lui être rendue. Le général Narvaez n'a plus personne et rien qui le gêne; n'ayant plus à prétendre au gouvernement, qui lui est bien entièrement dévolu, il prétend à la modestie. Il ne veut pas, dit-il, de la dignité du capitaine-général de l'armée, qui équivaut à celle de maréchal chez nous, tant qu'il lui restera quelque chose, à faire. Il lui reste à mettre les collèges électoraux à la raison, car dans les élections complémentaires les progressistes ont gagné du terrain. Quand les électeurs y songent bien! la session demeurera d'autant plus longtemps close qu'on verra plus d'inconvénient à la rouvrir.--La reine de Portugal a ouvert, le 5 de ce mois, la session des cortès à Lisbonne.--La réponse du roi Othon à l'adresse de l'assemblée, nationale a été bien accueillie. Le comité de rédaction de la constitution a eu de longues discussions sur la question de savoir si le choix des membres de la Chambre du Sénat devait appartenir au roi, et s'il devait avoir lieu à vie. Quinze voix contre six se sont enfin prononcées pour l'affirmative sur la première partie de cette question, cependant sous la condition que la loi devrait être soumise, après dix années, à un nouvel examen.