Environ un quart d'heure après les détenus descendent en ordre dans la cour; l'appel a lieu de la même manière et avec les mêmes batteries que dans la ligne; les hommes sont formés en bataille sur trois rangs et inspectés. La distribution du pain se fait immédiatement; chaque homme reçoit pour sa journée une ration de pain de même poids et de même qualité que celui délivré à la garnison. Aussitôt après, au commandement de l'adjudant de semaine, tous les détenus sont conduits en ordre et au son de la caisse à leurs ateliers; chacun d'eux se rend à la place qui lui est assignée et se met à l'œuvre; à l'exception d'explications données à voix basse par les contre-maîtres, un silence complet règne partout; rompre ce silence est un cas de punition.

Costume des détenus du Pénitencier
militaire de Saint-Germain.

À huit heures et demie a lieu la visite du chirurgien-major; il visite les malades mis à l'infirmerie pour indispositions légères; à la tisanerie il reçoit ceux qui viennent se présenter, prescrit les remèdes nécessaires et envoie à l'hôpital du lieu ceux dont l'état exige cette translation; là, dans une salle consignée, ils reçoivent, comme tous les autres malades, ces soins touchants que l'on rencontre partout où se trouvent les dignes sœurs de charité.

A onze heures du matin, un roulement donne le signal du repas; les hommes sortent des ateliers en ordre et se forment en bataille; au commandement de l'adjudant, ils entrent au réfectoire, tous s'arrêtent devant leur place accoutumée et se tiennent debout; à un coup de baguette, tout le monde s'assied et le repas commence.

A son arrivée au pénitencier, chaque détenu est pourvu d'un litre, d'une gamelle de même contenance et d'un gobelet d'un quart de litre, le tout en étain; il reçoit, de plus, une cuiller de bois et un couteau à pointe arrondie: tous ces objets sont disposés sur la table à la place du détenu auquel ils appartiennent.

Les rations sont individuelles; elles consistent, pour le repas du matin, les mardi, jeudi et dimanche, en une soupe grasse et une portion de viande désossée pesant quatre-vingt-douze grammes; et pour le repas du soir, les mêmes jours, en une soupe aux légumes; les autres jours de la semaine, les détenus reçoivent, pour le repas du matin, une soupe aux légumes; et pour le repas du soir une portion de légumes assaisonnés.

Les détenus qui se conduisent bien peuvent améliorer leur nourriture en prenant à leurs frais, au repas du matin, un quart de litre de vin, dix centimes de fromage, un demi-kilog. de pain bis blanc. On retire cette permission pendant un temps donné à ceux qui se font infliger des punitions.

Une cellule du Pénitencier militaire
de Saint-Germain.