M. RONDIN.--Oui, une heure, le matin après votre déjeuner... mais le reste de la journée?
M. TOUCHARD.--Le reste de la journée? je médite sur ma lecture du matin.
M. RONDIN.--Ah ça! vous voulez rire. Vous méditez la Gazette des Tribunaux.
M. TOUCHARD.--Sans doute... j'apprends à être prudent... à me préserver...
M. RONDIN.--Et contre qui, contre quoi?
M. TOUCHARD.--Contre tout... et contre tout le monde... Vous ne vous faites pas idée, mon pauvre ami, de la multitude des crimes qui se commettent aujourd'hui. C'est effrayant, M. Rondin, c'est vraiment incroyable!
M. RONDIN.--Eh bien donc ayez le soin de bien fermer vos portes le soir, d'avoir une paire de pistolets à la tête de votre lit, et vous serez parfaitement tranquille.
M. TOUCHARD.--Oui, contre les dangers du dehors.
M. RONDIN.--J'espère bien qu'à l'intérieur vous n'avez aucun sujet d'inquiétude... Entouré d'une excellente femme, qui vous aime... de Joseph, un vieux serviteur, qui vous est dévoué...
M. TOUCHARD.--Oui, oui, certainement, une excellente femme... Je ne lui connais d'autre défaut qu'un peu de coquetterie, un peu de goût pour la toilette... mais, à son âge, c'est plutôt un ridicule pour elle qu'un sujet d'alarmes pour moi.