M. RONDIN.--Voici madame Touchard.
M. TOUCHARD, vivement.--Chut! pas un mot, je vous en prie!
M. RONDIN.--Pourquoi donc? puisque vous avez le droit....
M. TOUCHARD.--Je vous en conjure, Rondin, pas un mot.
MADAME TOUCHARD, entrant.--Bonjour, mon ami... Mais tu es occupé...
M. RONDIN, saluant.--Madame Touchant ne me reconnaît pas?
MADAME TOUCHARD, croisant vivement son peignoir.--M. Rondin!... (A son mari.) Eh! mon Dieu, mon ami, pourquoi ne m'avoir pas fait avertir'?... (A Rondin.) Je vous demande pardon... Vous me surprenez dans un négligé...
M. RONDIN.--Vous plaisantez... Est-ce que nous sommes gens à cérémonies?... d'anciens associés, de vieux amis comme nous... Je n'ai pas besoin de vous demander si vous vous portez, bien... Vous êtes fraîche, rose comme une pomme d'api. Mais c'est que c'est vrai, monsieur Touchard; on dirait que madame Touchard a dix ans de moins depuis que je l'ai vue.
MADAME TOUCHARD, minaudant.--Vous trouvez!... Je conviens que le repos m'a profité; mais il n'en a pas été de même de Touchard... Ce pauvre ami!... Ne vous semble-t-il pas maigri?
M. RONDIN.--Oui, un peu.