M. TOUCHARD.--La lettre... la lettre de ma femme... que j'ai interceptée... Ah! c'était une inspiration... Il y a une Providence!
M. RONDIN.--Mais il est peut-être des secrets qu'un mari ne doit confier à personne... pas même à son meilleur ami...
M. TOUCHARD.--Quoi! vous vous figurez que c'est un billet d'amour... une trahison conjugale... ce ne serait rien!
M. RONDIN.--Comment, rien!
M. TOUCHARD.--Ce ne serait qu'une affaire de police correctionnelle... mais, ceci...
M. RONDIN.--Qu'est-ce donc?... vous m'effrayez...
M. TOUCHARD, tragiquement.--Une affaire de cour d'assises!... Lisez, Rondin, lisez...
M. RONDIN, déployant la lettre, à part.--Ma parole d'honneur, je crois que je tremble. (Il lit.)
«Ma chére madame Gibert,
«Je suis très-satisfaite de la poudre anonyme que vous m'avez vendue il y a quinze jours... l'effet en est merveilleux, ainsi que vous me l'aviez promis... Mon mari ne s'est aperçu de rien... Remettez-en une seconde boîte entièrement semblable à la première à la personne qui vous portera ce billet. Cachetez bien. Je vous recommande par-dessus tout la discrétion, le secret, le mystère. Vous comprenez que ces choses-là doivent se cacher comme un crime.