MADAME TOUCHARD.--Je crois qu'oui, si j'en avais. La susceptibilité d'un mari nous oblige parfois à leur cacher certaines confidences qu'un ami impartial, désintéressé, accueillerait avec plus d'indulgence.

M. RONDIN.--Eh bien! je suis cet ami sincère, désintéressé, et j'attends votre confidence.

MADAME TOUCHARD.--Mais je vous ai dit: si j'avais un secret.

M. RONDIN.--Vous en avez un.

MADAME TOUCHARD.--Je vous assure...

M. RONDIN.--C'est sans doute un secret de peu d'importance... et pourtant vous compromettriez, en le gardant, votre repos, le bonheur de votre époux, la paix de votre ménage...

MADAME TOUCHARD.--Je ne vous comprends pas...

M. TOUCHARD, qui écoute.--Elle fait l'innocente... elle nie.

M. RONDIN.--Je suis forcé d'être indiscret et d'insister encore, madame Touchard... Je sais tout... je sais que ce matin vous avez charge. Joseph d'une commission mystérieuse...

MADAME TOUCHARD, troublée,--Monsieur Rondin...