«Je veux répéter la même expérience sur un morceau de lave que venait de lancer le cratère. La pièce y pénètre par son propre poids, mais à l'instant même elle fond, brûle et disparaît. Il me fallut, pour prévenir la fusion du métal, laisser s'écouler près d'une demi-minute avant d'introduire d'autres pièces dans la lave.
«Ces deux laves, quand elles sont refroidies, ont la même teinte, la même consistance, le même poids. J'en ai rapporté plusieurs échantillons, que j'ai fait examiner par des personnes très-compétentes. On leur a trouvé une composition parfaitement identique. Elles sont en très-grande partie formées par du granit fondu, ce qui explique pourquoi leur pesanteur est si considérable.
Coupe du Cratère du Vésuve.
«Chaque éruption du volcan faisait vibrer notre plancher, de lave. Au moment des plus fortes détonations, je sentais des oscillations véritables. Ces phénomènes étaient produits par l'ébranlement de l'air et la conductivité du sol.
«Il me sembla aussi plusieurs fois, même en l'absence de l'éruption, entendre une suite de mugissement souterrain. Ayant recouvert de mon mouchoir un endroit refroidi de la lave, j'y appliquai l'oreille. D'abord, il me fut impossible de rien distinguer. J'étais comme assourdi par le frétillement des couches voisines en ébullition. Mais bientôt, concentrant toute mon attention, j'entendis par intervalle, dans la profondeur du volcan, une sorte de clapotement humide, de gargouillement tumultueux, qui indiquait des déplacements de gaz et de matières liquides.»
Algérie.--Escadron de Dromadaires.
L'excessive mobilité des tribus arabes et la rapidité avec laquelle leurs cavaliers franchissent de grandes distances ont été jusqu'ici de sérieux obstacles à l'affermissement de notre domination en Algérie. Comment, en effet, triompher d'un ennemi presque insaisissable, et imposer une obéissance durable à des populations fugitives? Dès 1843, cependant, on avait eu recours, pour les atteindre, à lui expédient couronné de succès. Un corps expéditionnaire fut organisé sous les ordres du colonel Jusuf, et composé de quelques escadrons de spahis avec environ deux mille fantassins montés sur des mulets. Ce corps se mit à la poursuite des tribus réfugiées dans le petit Désert, où elles se croyaient à l'abri de nos coups. Il ne tarda pas à les rejoindre, et les força à rentrer dans le Tell, pour y rester soumises à l'autorité de la France.
Dans le courant de la même année, un autre essai fut tenté afin de remplacer les mulets par des dromadaires. Un mulet, en filet, revient en Afrique à 850 fr.; il coûte 1 fr. 50 c. par jour de nourriture, et ne peut servir, terme moyen, que dix-huit mois; taudis qu'un dromadaire ne coûte que 200 fr., vit avec ce qu'il trouve, porte le triple du fardeau d'un mulet, peut servir vingt ans, parcourt de grands espaces, sans éprouver les besoins des autres bêtes de somme, et supporte pendant plusieurs jours les privations de boisson et d'aliments. Sous tous les rapports, l'usage du dromadaire est donc plus économique et plus avantageux que celui du mulet.