2º De l'état politique et civil de l'Église dans la monarchie franque, fixé par les dispositions du droit canonique et des lois constitutives de l'État;
3º De l'état des propriétés et des personnes, de la puissance militaire, des lois civiles et criminelles, de l'origine, de la composition, des fonctions et des pouvoirs des tribunaux dans la monarchie française;
4º Des charges onéreuses des citoyens et des revenus du prince, de la succession à la couronne; observations sur les différentes infractions faites aux lois constitutives, soit de la part du prince, soit de la part du peuple.
La troisième époque, publiée pour la première fois, s'étend depuis la fin du règne de Charles le Chauve jusqu'au quatorzième siècle. Elle est presque entièrement consacrée au régime féodal.--Une table analytique des matières termine le quatrième et dernier volume.
L'auteur de la Théorie des Lois politiques, attaquant des erreurs accréditées, crut devoir donner à ses assertions l'appui d'autorités irrécusables. Le texte, ou discours, est suivi d'un sommaire analytique des preuves, et enfin ces preuves elles-mêmes sont rapportées avec étendue.--Cette masse de preuves peut sembler superflue aujourd'hui; mais les éditeurs ont cru devoir respecter le travail primitif de mademoiselle de Lezardière; et les deux premières époques sont, dans cette seconde édition, ce qu'elles furent dans celle de 1792, sauf quelques changements de distribution, et la suppression de la traduction des textes latins. Quant à la troisième époque, il n'a été possible de publier que le discours et les sommaires des preuves; les cahiers contenant les preuves ont été perdus en 1793.
A. D. J.
Fables; par M. Léon Halévy.--Un volume grand in-18, papier jesus-vélin; prix 3 fr. 50 cent. Chez Gide, rue des Petits-Augustins, n° 5.
Il a des esprits exclusifs et dédaigneux qui condamnent d'avance toutes les fables nouvelles comme des témérités coupables et inutiles, comme un véritable sacrilège envers le grand maître de l'art, envers La Fontaine. Quoi! il ne sera plus permis de toucher à ce poème aimable, instructif, si naturel au génie de l'homme, que les mœurs, les travers de chaque siècle peuvent modifier et rajeunir? On ne pourra le tenter sans manquer de respect à la gloire du grand fabuliste! Le riant et vaste domaine sera à jamais interdit à l'imagination des poètes! En vérité, c'est pousser l'admiration jusqu'à la tyrannie. Molière règne et régnera toujours sans rival dans la comédie, comme La Fontaine dans l'apologue. Dépendant depuis Molière on a osé faire des comédies, et on a même réussi à en faire d'ingénieuses, de plaisantes, de bien écrites, quoiqu'elles n'égalent pas le Tartufe ni le Misanthrope. Sans parler de Fénelon, qui a laissé des fables pleines de charme et de philosophie. Lamothe, dans le dernier siècle, a composé un recueil d'apologues dont l'invention spirituelle, la moralité fine et juste méritent l'estime des connaisseurs. Plus récemment encore, Florian, bien supérieur par le choix des sujets et l'agrément du style, n'a-t-il pas conquis une place dans toutes les bibliothèques, non pas à côte de La Fontaine, mais après lui? Quel admirateur fanatique de l'inimitable fablier voudrait supprimer le Singe qui montre la lanterne magique, l'Aveugle et le Paralytique, et tant d'autres charmantes compositions?
De nos jours Arnault, M. Viennet et quelques autres ont imprimé à la fable un caractère nouveau. Ils lui ont donné la couleur de la satire, une portée politique que les mœurs et les événements autorisaient. Cette innovation a été souvent heureuse. Tout le monde sait par cœur la Feuille morte d'Arnault, un des plus délicieux morceaux de la poésie, moderne.
A l'exemple de ces honorables écrivains, M. Léon Halévy n'a pas cru devoir résister aux charmes de ce poème ingénieux et philosophique. On l'absoudra comme eux en lisant ce recueil. Tous les amis de la bonne littérature, de la poésie appliquée à la morale le remercieront. Il a victorieusement prouvé que le secret de l'apologue gracieux, vif, parlant en vers piquants et naturels, et s'élevant parfois jusqu'aux inspirations les plus touchantes, n'était pas perdu dans la patrie de La Fontaine.