Les sujets que M. Halévy a traités se distinguent par la variété. C'était la devise de La Fontaine. M. Halévy ne l'oublie point: c'est toujours une pensée philosophique qu'il met en action, et que le dénouement fait éclater aux yeux du lecteur. Il prend tous les tons; mais, fidèle à la loi, au genie de la fable, il sait toujours faire tourner au profit de la morale le plaisir ou l'émotion qu'il excite. Son recueil ne s'adresse pas seulement à l'imagination, aux loisirs de la jeunesse; mais les salutaires enseignements, les observations vraies qu'il renferme, s'appliquent à toutes les époques, à toutes les conditions de la vie. Tous les lecteurs y trouveront du charme, tous les âges des leçons.

Dans les Deux Chevaux, le travers que le poète veut corriger est celui du siècle; aussi dit-il avec une haute raison:

Aller vite est notre devise;

De dévorer l'espace on se fait une loi.

Au profit du devoir l'heure est conquise?...

Le temps dont on fait son emploi,

Est le seul qu'on économise.

La couleur mélancolique et vive répandue dans le petit drame intitule le Tableau, frappera tous les yeux. Le récit a une forme saisissante et animée, qui donne un nouveau relief à une idée vraie en tout temps, et si bien exprimée par ces beaux vers;

Au talent qui languit dans l'ombre et le sommeil,

Et que poursuit du sort l'injustice commune,