--Adjugé pour cette fois, conducteur, répliqua le père Potard; le temps d'engloutir le pousse-café, et nous sommes à vous.»

Tout le monde se leva, et les comptes se réglèrent. Le vieux commis voyageur portait la main à la poche, quand l'aubergiste entra et le prit à part:

«Allons donc, troubadour, lui dit-il, vous voulez plaisanter.

--De quoi! père Robineau: les bons comptes font les bons amis. Trois francs pour tout le monde, quarante sous pour les copins: voilà.

--Rien de rien, troubadour; vous m'avez sauvé une tuile; c'est moi qui vous dois du retour.

--En voiture, messieurs!» cria de nouveau le conducteur.

La diligence s'ébranla, et cinq heures après elle entrait dans le faubourg de Vaize, traversait la Saône, et venait déposer les voyageurs sur la place des Terreaux.

«Jeune Beaupertuis, dit alors le vieux troubadour à son compagnon de route, sans adieu, n'est-ce pas? Voici mes divers domiciles: de huit à dix heures du matin, au café Casati; dans la journée, chez les Grabeausée; le soir, au café de la Perle, entre neuf et minuit; chez moi, jamais, place Saint-Nizier, maison du boulanger, au troisième, la porte en face, disposez du père Potard à la vie et à la mort. Il pleut, je me sauve.»

(La suite au prochain numéro.)

Petits Poèmes du Nord.