Pour l'apaiser, je rêve que je dîne.
........................... Ami, crois-moi.
Fuyant celui qui l'importune,
On voit la bizarre fortune
Venir à qui l'attend chez soi.
--Et tu l'attends?--Tranquillement.
--Sur ton grabat?--En sommeillant.
Cela est clair; Beppo n'est pas oisif parce qu'il manque d'ouvrage ou qu'il est paresseux, mais bien par calcul et pour enrichir. C'est un système qu'il a inventé; c'est un plan, fruit de son génie, qu'il a mûrement médité, et qu'il exécute avec cette constance opiniâtre à laquelle on reconnaît les grands hommes. Et comme, au dénouement, tous ses projets réussissent, qu'il épouse la jeune fille dont il était amoureux, et que cette jeune fille est une riche héritière, on ne petit douter que l'auteur, profond moraliste, n'ait voulu donner une bonne leçon à cette multitude de niais qui passent leur vie courbés sur un établi, sur un métier, sur nue enclume, flétrissent leur jeunesse avant le temps et n'obtiennent pour récompense d'un travail excessif, qu'une mort prématurée, Tant pis pour eux! c'est leur faute. Que ne font-ils plutôt comme Beppo le lazzarone? Chacun d'eux épouserait une riche héritière, et deviendrait grand seigneur.
Une scène du Lazzarone--2e acte:
Beppo, Mme Stoltz.--Baptista, Mme Durus.--Mirobolante, Barroithet.--Corvo, Levasseur.