Le Mont-de-Piété prête à partir de trois francs et au-dessus. Le tableau suivant indique le nombre et la quotité des prêts.

PRÊTS CLASSÉS PAR SÉRIES.
Articles Sommes
de 3 à 5 fr. 611,700 2,152,852 fr.
de 6 à 10 fr. 366,909 2,937,380
de 11 à 20 fr. 171,186 2,684,810
de 21 à 30 fr. 81,501 2,195,978
de 31 à 40 fr. 48,785 1,695,396
de 41 à 50 fr. 37,828 1,766,767
de 51 à 100 fr. 74,511 5,240,095
de 101 à 200 fr. 11,849 1,680,233
de 201 à 500 fr. 11,666 5,264,807
de 500 à 1,000 fr. 660 485,210
de 1,001 à 5.000 fr. 143 729,365
de 5,001 fr. et
au-dessus. 26 185,213
____________________________
total 1,520,394 25,318,134

En 1839, la proportion des engagements effectués directement par le public était sur la totalité de 9 pour cent seulement; elle s'est élevée, en 1840 à 12 pour 100; en 1841, à 17 pour cent; en 1842, à 18 pour 100. Cette augmentation est due à la création de deux bureaux auxiliaires.

Cette amélioration apportée dans le service du Mont-de-Piété est très-avantageuse pour le public. Quelques explications le feront comprendre.

Le Mont-de-Piété de Paris, créé en 1777, ne se composait d'abord que de l'établissement situé rue des Blancs-Manteaux. La plus grande partie des personnes qui se trouvaient dans la nécessité d'y recourir perdaient, à raison de leur éloignement, un temps d'autant plus précieux qu'elles étaient plus pauvres. On autorisa donc l'ouverture de vingt bureaux de commissionnaires qui devaient, moyennant des droits déterminés, servir d'intermédiaires entre les emprunteurs et le Mont-de-Piété. Cet état de choses dura jusqu'à la révolution.

Fermé à cette époque, le Mont-de-Piété fut réorganisé par le décret du 21 messidor an XII et soumis, le 8 thermidor an XIII, à un règlement qui le régit encore aujourd'hui. Ni le décret, ni le règlement ne parlent des bureaux des commissionnaires, ils ne font mention que des succursales à créer. L'intention formelle de la loi était de mettre le public à même de s'adresser directement au Mont-de-Piété, afin de lui épargner les frais de commission. L'insuffisance des fonds nécessaires à l'établissement des succursales obligea cependant l'administration à recourir aux commissaires; mais cette mesure provisoire ne fut prise qu'en attendant que des circonstances plus favorables permissent de s'en passer.

L'esprit de routine, une direction inintelligente, pour ne pas dire plus, la situation précaire du Mont-de-Piété, des influences étrangères à la bienfaisance, ont fait longtemps fermer les yeux sur les abus qui ressortent, pour l'ordre public et pour les emprunteurs, de l'institution des commissaires. Il a fallu près de quarante ans pour s'apercevoir, d'une part, que des industriels qui ne sont mus que par le désir de s'enrichir aux dépens des pauvres, n'offrent, en général, que peu de garantie, et à la société et aux emprunteurs; que leur extrême facilité à recevoir des nantissements favorise trop souvent le vol et la débauche et égare l'imprévoyance; et d'autre part, que les commissions perçues en vertu d'un droit fixe et relatif à chaque opération, quelle qu'en soit la durée, et aussi élevé pour un prêt d'un seul jour que pour un prêt d'une année, sont une charge fort onéreuse pour le publie.

En admettant que tous les Commissionnaires soient d'une probité parfaite, qu'ils ne se permettent pas de prélever des droits qui ne sont pas dus, qu'ils ne spéculent pas sur la misère et les mauvaises passions, qu'ils apportent dans leurs opérations une surveillance consciencieuse et sévère, il n'en est pas moins évident que les emprunteurs auraient un grand avantage à ne pas elle obligés de se servir de leur intermédiaire, qui renchérit considérablement le prêt.

L'administration du Mont-de-Piété l'a compris, un peu tard, il est vrai. En 1839 et 1840 elle a établi deux bureaux auxiliaires de prêt gratuits en ce sens qu'ils ne perçoivent pas de droits de commission, mais seulement le droit général de 9 pour cent par an. Depuis le 1er janvier 1843, le premier mois se paie en entier au taux de 3/4 pour 100. Après le premier mois, le droit se prélève par quinzaine aux taux de 3/8 pour 100.

Les droit des commissionnaires sont ainsi fixés: