Maison de la Roquette, à Paris. Maison de la Roquette, à Paris,
--Jeunes détenus. --Réclusionnaires.
Prison de Pentonville.--Porte de Cellule.
Cette prison renferme aujourd'hui cinq cents prisonniers tous soumis à un régime actif.
Le silence absolu est la règle de la maison; aussi l'on n'y entend d'autre bruit que le pas des gardiens et le cliquetis de leurs clefs lorsqu'ils ouvrent ou ferment les portes des cellules. Sur une rotonde centrale, formant le noyau intérieur de la prison, s'ouvrent en éventail quatre arcades d'une hauteur égale à celle du bâtiment.
C'est sur ces arcades que donnent les cellules, qui occupent trois étages superposés. Des galeries auxquelles on arrive par de petits escaliers en spirale construits en fer et à jour, conduisent aux étages supérieurs. Les arcades sont désignées par les lettres A, B, C, D, et les étages par les numéros 1, 2, 3; les cellules sont également numérotées. Ces indications sont reproduites en drap rouge sur les vestes et pantalons gris des prisonniers, qui quittent leur nom pour n'être plus désignés que par leur numéro.--On maintient la séparation aussi bien que le silence. Les détenus travaillent, prennent leur repas et dorment dans leurs cellules. Cependant on les fait sortir par détachements pour prendre l'air dans les cours. Mais en traversant les corridors, chaque prisonnier doit se tenir à quatre mètres de distance de l'autre, ne communiquer avec lui ni par la voix ni par aucun signe, et chacun est bientôt enfermé dans un préau séparé. D'un bâtiment central, auquel tous ces préaux aboutissent, un seul gardien peut observer tous les promeneurs. Non-seulement les prisonniers ne peuvent communiquer entre eux, mais ils ne peuvent pas même se connaître. Tous portent des casquettes pourvues d'un morceau d'étoffe qui peut se rabattre sur la figure jusqu'à la bouche, et qui est percé de deux trous en face des veux, comme font les pénitents italiens. Le prisonnier abaissant ce morceau d'étoffe lorsque sa cellule s'ouvre à des visiteurs ou lorsqu'il en sort pour se rendre au préau, ses traits sont complètement cachés; il n'éprouve pas l'humiliation d'être exposé à la curiosité quelquefois indiscrète des étrangers, et il ne saurait être reconnu de ses compagnons d'infortune.
Prison de Pentonville.--Intérieur de Cellule.