Cascade de Rouves près de Florac
(Cévennes), par M. Marandon.
On doit des éloges; à madame Louise Strubberg, pour son Lac de Retournemer (Vosges); cette artiste a profité des leçons de M. Horace Vernet, son illustre maître;--à mademoiselle Clémence Dimier, pour son Saint Jean écrivant l'Apocalypse dans l'île de Patmos, tableau d'un style élevé;--à M. Adrien Lainé, garçon de bureau au ministère de la marine, pour ses Naufragés, sujet traité avec une vigueur remarquable, et pour sa belle Vue des environs de Marseille. M. Lainé pourra devenir un peintre de mérite reconnu;--à M. J.-J. Champin, pour ses grandes et magnifiques aquarelles, qui laissent loin derrière elles une foule de paysages peints à l'huile;--à M. Émile Lonele, pour son Soutenir du lac de Guarda, plein de couleur, et où l'inexpérience du peintre est le seul défaut;--à M. Paul Gourlier, pour ses deux paysages. Son Enfance de Bacchus est un beau tableau, où le feuillage est seulement un peu trop découpé; son Paysage est charmant et d'une largeur de composition à la Corot.
Enfin, et pour ne pas oublier les aquarellistes et peintres de fleurs, nous citerons des Fruits, jolie aquarelle de mademoiselle Amélie Patal; le Vase de fleurs et ananas, de madame Élisa Champin; deux cadres de Fleurs, de madame Clémentine Thierry. Des noms de femmes se trouvent presque seuls sous notre plume, mais notre conscience de critique est sauve; nous mettons en ceci plus de justice encore que de galanterie.
Académie des Sciences.
COMPTE RENDU DES TRAVAUX PENDANT LE DERNIER TRIMESTRE
DE 1843 ET LE PREMIER TRIMESTRE DE 1844.
(Voir t. I, p. 217, 234, 238; t. II, p. 182, 198, 343 et 594: t. III, p. 26 et 58.)
I.--Sciences mathématiques pures.
Les communications relatives à la haute analyse deviennent chaque jour plus nombreuses; nous ne pouvons même pas les indiquer toutes ici. Il nous suffira du citer les noms de MM. Cauchy. Liouville. Lainé et Chasles, comme ceux des membres ou des correspondants de l'Académie qui ont contribué à enrichir les Comptes rendus des résultats de leurs travaux. Nous avons vu, avec un plaisir que partageront sans doute tous les amateurs de l'élégance géométrique, M. Chasles poursuivre avec un rare bonheur les incursions que ses méthodes lui permettent de faire sur un terrain qui semblait n'être abordable que pour les analystes. Ce savant a traité par des méthodes purement géométriques les questions difficiles relatives aux périmètres des lignes courbes, et il est arrivé à des résultats fort curieux sur les propriétés générales des arcs d'une section conique dont la différence est rectifiable.