Thermomètre.--On connaît les ingénieux instruments dont M. Walferdin a enrichi la physique expérimentale depuis plusieurs années. Ses thermomètres à déversement et son thermomètre métastatique sont des appareils de haute précision qui ont déjà rendu des services notables dans une foule de questions relatives à la physique du globe et à la météorologie. M. Person a entamé, au sujet de la construction de ces instruments, une discussion de principes et de priorité, qui nous paraît n'avoir pas été close en sa faveur.

Communications diverses.--MM. Pinaud, Masson, Choiselat et Ratel, Gandin, etc., ont fait de nouvelles recherches sur la photographie. M. Biot a continué ses belles recherches de physique optique, et M. Becquerel ses travaux sur l'électro-chimie.

Héliostat de M. Silbermann.--Le nouvel héliostat imaginé par M. Silbermann aîné et exécuté dans les ateliers de M. Soleil, est un instrument fort remarquable, d'une construction nouvelle, qui a été le sujet d'un rapport très-approbatif de M. Régnault.

Rappelons d'abord que l'on nomme héliostat un instrument au moyen duquel on parvient à maintenir dans une direction sensiblement constante, un rayon solaire réfléchi sur un miroir. Cette nécessité d'obtenir un appareil mû par un mouvement d'horlogerie qui maintienne le rayon réfléchi constamment dans la même direction, se manifeste dans la plupart des expériences d'optique, où l'on introduit le rayon par une petite ouverture pratiquée dans le volet d'une chambre noire.

Farenheit, S'Gravesande et M. Gambey ont été les inventeurs d'héliostats de différents systèmes; et malgré la supériorité de celui qui est dû à M. Gambey, l'appareil de S'Gravesande se trouve encore à peu près exclusivement dans la plupart des cabinets de physique. Mais ce dernier héliostat, même après les perfectionnements qui y ont été apportés par Charles et par Malos, demande encore, dans son installation, des tâtonnements assez longs ou quelques calculs.

Le nouvel héliostat de M. Silbermann présente les avantages de celui de M. Gambey; mais la construction en est simplifiée, le prix considérablement moindre, et les réparations, devenant beaucoup plus faciles, sont à la portée du premier horloger venu.

La figure que nous en donnons est empruntée aux Annales de Chimie et de Physique, numéro de mars 1844. mn est le miroir métallique plan qui doit réfléchir dans une direction constante le rayon O H, tandis que la position O I du rayon incident varie avec l'heure. On voit que ce miroir est supporté suivant une ligne médiane, par deux fourchettes articulées aux extrémités de cette ligue médiane elle-même. De dos, la queue af normale au plan de ce miroir est percée d'une rainure dans laquelle se meut constamment le sommet du quadrilatère articulé acfd, quadrilatère dont les côtés dl, ac, pris sur les fourchettes de support, sont égaux. Si donc on a orienté l'instrument de manière que son axe P P et la direction L R soient dans le plan du méridien, ce qui sera facile lorsque l'on aura tracé sur un plan horizontal la méridienne M M; que l'axe P P soit dirigé suivant l'axe du monde, ce qui n'offre pas plus de difficulté quand on connaît la latitude du lieu, et qu'on emploie le tube gradué I F; et qu'enfin le cercle de déclinaison J J' ayant été poussé sous la ramure ii jusqu'au degré égal à la déclinaison actuelle du soleil, on fasse tourner autour de l'axe P P' le cercle, la rainure et l'aiguille e qui y est attaché, jusqu'à ce que cette aiguille marque sur son cadran l'heure vraie du lieu; il est clair que le mouvement d'horlogerie, placé dans l'intérieur de la boîte H, fera tourner le plan du miroir mn sans que la normale O N au centre O du miroir cesse de diviser en deux parties égales l'angle I O R du rayon incident et du rayon réfléchi, et par conséquent celui-ci aura bien la direction constante L O R.

Un appendice, que nous n'avons pas indiqué sur notre figure pour ne pas trop la compliquer, permet de vérifier favorablement si le rayon incident a pris la direction convenable, il permet aussi de se passer de la connaissance d'une des trois données; la direction du plan méridien, l'heure vraie, la déclinaison.

En résumé, l'héliostat de M. Silbermann mérite de figurer dans tous les cabinets de physique, et la modicité de son prix lui donnera accès dans les collections des simples amateurs désireux de répéter les plus curieuses expériences de l'optique.