Sans entrer dans de grands détails sur les travaux que l'on devrait exécutera Notre-Dame, M. Amédée Couder s'est seulement occupé des embellissements partiels dont cette église a besoin. Il a fait: 1° un maître-autel; 2º une chaire; 3° un banc d'œuvre; 4° un costume pour les suisses aux solennités nationales; 5° une tenue pour les suisses aux fêtes de l'Église; 6° une bannière de la Vierge; 7° un dais.
Tous ces accessoires sont inspirés par la pensée catholique, et forment un assemblage d'ornements qui ne s'écartent jamais du style religieux.
Le maître-autel est gothique pur, avec des candélabres, des panneaux et des reliquaires, tels qu'on les voyait dans nos églises au moyen âge, à l'époque de l'édification de Notre-Dame.
Ce maître-autel est remarquablement composé, et M. Amédée Couder, en ne le surchargeant pas de sculptures en bois, s'est rappelé qu'au moyen âge les maîtres-autels avaient de la simplicité; le dessus seul était orné avec profusion.
La chaire à prêcher, de même style, n'a pas cette élégance de nos chaires modernes, surchargées de détails qui ne s'harmonisent pas avec l'objet auquel elles sont destinées. Le genre draperie nous semble cependant trop développé dans la chaire à prêcher de M. Amédée Couder; cela dit, nous admettons toute la composition.
Le banc d'œuvre est sans contredit la meilleure innovation que l'on puisse introduire dans le monument de Notre-Dame. Celui qui s'y trouve à l'heure qu'il est, fait pitié, littéralement pitié: ce sont des planches et des bancs de bois disposés sans goût et sans art. Le banc d'œuvre, comme on sait, est la place des marguilliers, des principaux, des soutiens de l'Église. Une série de panneaux sculptés en bois et représentant des sujets religieux, forme la boiserie, dont le dessin est sous nos yeux.
Nous n'avons rien à redire sur cet embellissement, tel qu'il est projeté par M. Amédée Couder: sa grandeur est convenable; un peu plus de hauteur lui donnerait plus d'importance. Que M. Amédée Couder n'oublie pas que le banc d'œuvre est placé devant la chaire, et que l'élévation de celle-ci nuit à l'apparence du premier.
Quant à la tenue proposée pour les suisses aux solennités nationales, le lecteur a droit d'exiger de nous une explication que nous allons lui donner.
Cette tournure de héraut d'armes qui, du premier abord, semble ne se rapporter en rien aux rites de l'Église, convient tout à fait aux suisses dans les solennités nationales. L'église de Notre-Dame est la cathédrale de Paris; c'est là que se font les couronnements, les mariages, les baptêmes des princes; c'est là que se chantent les Te Deum, que se font les cérémonies funèbres des hauts dignitaires. Le suisse, dans ces grandes occasions, doit se mettre à l'unisson des personnages qui sont parties intégrantes de la solennité. Il est l'introducteur des laïques et des militaires dans l'église; son costume, pour être complètement emblématique, a des insignes appartenant aux trois ordres; dans les cérémonies nationales, il est, avant toute chose, militaire, héraut d'armes; le casque lui sied; la croix est peinte sur sa poitrine.
Lorsqu'il s'agit simplement des fêtes de l'église, la tenue du suisse ne doit plus avoir ce caractère chevaleresque dont il a été revêtu pour les grandes solennités. Son costume est beaucoup plus difficile à composer, parce que le suisse reste toujours l'intermédiaire entre l'église et les fidèles, le soutien de la foi, la force armée prêtant son secours à la religion. Il a aussi la croix peinte sur le cœur; il a le vêtement violet qui est propre aux évêques; il a l'épée et la hallebarde, comme gardien du temple. Quant à son chapeau, M. Amédée Couder a été forcé de le composer entièrement; c'est une fantaisie à laquelle il a voulu donner le plus de caractère possible. Nous pensons qu'il a réussi.