Bossuet, de M. Feuchère, mérite presque les mêmes reproches que l'Étienne Pasquier, de M. Foyatier. Cependant Bossuet ressemble aux portraits qui nous sont restés de lui. M. Feuchère prend sa revanche avec l'Épisode de l'enlèvement des Sabines, groupe en bronze qui n'est pas sans défauts, mais dont les principales parties sont traitées avec supériorité.

Un jeune sculpteur, M. Régis Breisse, dont tous les journaux ont parlé, à cause de son talent naturel et de sa position sociale, a exposé l'Ange Gabriel, statue en marbre. Les chairs ont du modelé, mais le corps, dans son entier, manque un peu d'animation. L'Ange Gabriel prouve néanmoins que M. Régis Breisse fait des études sérieuses et des progrès rapides.

Le Buste de madame la comtesse d'A... est le seul ouvrage que nous ait envoyé cette année M. Bartolini, de Florence. Il est digne, de la réputation acquise par le célèbre sculpteur italien, surtout à cause de la simplicité avec laquelle il est taillé.

Ici ne se termine pas la liste des bons ouvrages exposés dans le salon de sculpture, mais la place nous manque pour nous occuper de tous en détail. Aussi mentionnerons-nous rapidement les noms des artistes qui se sont le plus distingués.

C'est m. Jules Klagmann, qui a envoyé un cadre de médaillons contenant deux modèles de médailles et quatre cavaliers provenant d'un vase exécuté pour M. le duc d'Orléans;--c'est M. Louis Brian, qui a taillé un beau Buste de M. de Lamartine;--c'est M. Suc, dont la Mélancolie a toutes les qualités de forme qui recommandent une œuvre de sculpture;--c'est M. Ramus, qui, dans sa Statue de M. Portalis, a fait preuve d'habileté;--c'est M. Molchneth, qui a assez bien réussi la Statue du maréchal Bessiéres, duc d'Istrie;--c'est M. Maurice Borrel, enfin, dont les médaillons sont très-soigneusement travaillés.

Maintenant, montons le grand escalier qui conduit aux belles galeries des antiquités, galeries si curieuses, et que si peu de personnes visitent avec attention; traversons ces salles admirables pour arriver à celles dont l'architecture tapisse les murailles de toiles. Occupons-nous des architectes.

L'architecture est la base des arts du dessin; la sculpture et la peinture forment, pour ainsi dire, ses accessoires. A ce titre, l'architecture doit avoir toutes nos sympathies. Mais nos élèves de l'école royale la comprennent d'une façon si particulière, que nous avouons être presque toujours désillusionné, lorsque nous jetons les yeux sur tous les projets qu'ils exposent. Jamais ces projets ne s'élèveront à l'état de réalités. Quelques-uns cependant sont en partie applicables; ils nous intéressent. D'autres sont des dessins de monuments antiques; ils nous intéressent plus encore. Un petit nombre, enfin, doivent être mis à exécution, et préoccupent la masse.

Tels sont les Études sur la réunion du Louvre aux Tuileries, par M. Louis Badenier, et le Projet d'embellissements partiels pour la cathédrale de Paris, par M. Amédée Couder.

Restaurer l'église de Notre-Dame est un travail immense, et devant lequel on recule, si indispensable qu'il paraisse, à cause des frais qu'il entraînerait. Nos députés, d'ailleurs, et surtout nos ministres, ne goûtent pas volontiers ces sortes de dépenses, qui contribuent à la gloire de la nation, mais qui n'avancent en rien les questions politiques ou celles des portefeuilles.

Une restauration partielle de l'église de Notre-Dame pourrait leur paraître autre chose qu'une rêverie sans valeur. En un mot, de ce qu'une amélioration complète est impossible, il ne résulte pas qu'une amélioration partielle soit impossible aussi.