M. Grass a réussi à rendre l'expression de la petite paysanne bretonne; c'est assez dire que sa statue est intéressante.
Maître-Autel pour Notre-Dame, projet par M. A. Couder.
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Dais pour Notre-Dame, projet par M. A. Couder. |
Le Christ, statue par M. Husson. |
Bannière pour Notre-Dame, projet par M. A. Couder. |
M. Aristide Husson, dans son Christ, statue en plâtre, s'est attaché à imiter la simplicité antique, pour la forme, et à reproduire le sentiment chrétien, la pensée profonde du catholicisme. Il ne faut pas parler ici des difficultés que M. Aristide Husson avait à vaincre, puisque ces difficultés ont été vaincues par lui, mais nous le félicitons sur la manière dont il a exécuté sa statue. Les muscles n'ont que peu de saillie, parce que celui dont les bourreaux se moquaient en disant: «Salut au roi des Juifs!» demeurait impassible au milieu île tous les outrages dont on l'abreuvait. La figure a la dignité convenable, et les accessoires sont scrupuleusement rendus. Le Christ de M. Husson gagnera à être taillé en marbre.
La Madeleine méditant sur les saintes Écritures, par M. Gechter, ne brille pas par l'expression, ainsi que l'œuvre de M. Grass. Modelé parfait, travail excellent de la forme s'y rencontrent; mais on se demande, en contemplant la Madeleine, si c'est là une grande pécheresse repentante, ou une femme mélancolique ayant tout simplement un livre ouvert sous les yeux; les accessoires seuls expliquent le sujet. Aussi, tout en reconnaissant le talent de M. Gechter, nous lui conseillons de ne plus retomber dans le défaut que nous venons de lui reprocher, car l'art de la sculpture consiste avant tout à rendre l'expression d'un sentiment ou d'une passion.
Combien nous préférons, sous ce rapport, la Geneviève de Brabant, de M. Géefs! Il est difficile qu'une statue ait plus de charme; la pose de Geneviève de Brabant est d'un naturel parfait, et toutes les chairs vivent et semblent avoir du mouvement. Le Buste de Sa Majesté le roi des Belges a des formes un peu trop accusées; le Buste de Sa Majesté la reine des Belges est ressemblant.
Que M. Antoine Etex se contente de sa réputation de statuaire: ses tableaux sont remarquables, mais ses bustes sont tout à fait hors ligne; ceux de M. le duc d'Orléans et de M. Odilon Barrot sont taillés avec cette énergie que nous avons toujours retrouvée chez M. Etex; ceux de Madame Ad. B... et de M. Sapey nous plaisent moins. L'auteur de Caïn nous doit quelque groupe comme il sait les faire. A voir ce qu'il a exposé comme peintre, et ce qu'il a exposé comme sculpteur, on dirait qu'il a remplacé le ciseau par le pinceau.
L'auteur de Spartacus, M. Foyatier, était mal à l'aise pour faire la statue d'Étienne Pasquier, au moins pouvons-nous le croire. Étienne Pasquier, avocat, général de la cour des comptes sous Henri III, avait une figure pleine de bonhomie, de noblesse et de caractère à la fois. Il est difficile de retrouver tout cela dans la statue de M. Foyatier, à laquelle il ne manque rien, d'ailleurs, sous le rapport du faire.
Pour M. Gayrard, la critique doit prendre deux tons différents: le louer pour sa statue de l'Évêque d'Hermopolis, le blâmer vertement pour son Henri IV combattant à Arques. Ce bas-relief en plâtre est plus que médiocre: il est ridicule. Le livret nous apprend qu'il sera sculpté en pierre et placé sur une des portes des ruines du château d'Arques; nous espérons qu'il sera préalablement revu et corrigé. L'auteur de la statue de l'évêque d'Hermopolis ne se compromettra pas, avec son bas-relief, vis à-vis de la postérité.