Adélaïde Kemble, tragédienne
anglaise, statue par M. Dantan jeune.

Chacun s'est créé une Velléda par l'imagination: autant de visiteurs, autant de goûts différents, et parmi eux, l'un sera satisfait, l'autre prétendra que le caractère gaulois n'est pas assez indiqué; un autre dira que les formes de cette femme n'appartiennent point à la vraie plastique. «Cette femme était extraordinaire,» dit M. de Chateaubriand. Le sculpteur a commenté la phrase du poète.

Velléda ornera le jardin du Luxembourg.

Ne lui donnera-t-on pas quelque pendant?

David, de M. Bonnassieux, est une statue remarquable par l'énergie de la figure et par le naturel de la pose. Le Buste de madame la comtesse de C... est admirable, et la tête d'étude en marbre de M. Bonnassieux a droit à des éloges.

Le modelé est le principal mérite de M. le baron Bosio, qui a taillé dans le marbre, pour la maison du roi, l'Histoire et les Arts consacrant les gloires de la France. Pour nous, la composition de ce groupe nous semble un peu surannée, mais l'exécution est remarquable, et l'Histoire, principalement, est sculptée de main de maître.

Petite paysanne bretonne,
statue par M. Grass.

Comme toujours, les travaux de M. Dantan aîné accusent chez cet artiste une grande habileté. Louis de France, dauphin, fils de Louis XVI, est convenablement terminé pour une statue en plâtre; le Buste de Marie-Joseph de Saxe, dauphin de France, nous plaît moins, parce qu'il a moins d'animation.--Quant à M. Dantan jeune, il faut le féliciter de sa statue d'Adélaïde Kemble, lorsque, pour compléter son exposition, il nous a donné le buste de M. Thalberg, si originalement sculpté. Adélaïde Kemble est taillée avec le costume qu'elle revêt dans le rôle de Norma, un de ses plus magnifiques rôles. La figure a de l'expression, les vêtements sont compréhensibles; ce qui est beaucoup dire. Le Buste à M. Bentik, par le même, possède des qualité de premier ordre. Un jeune sculpteur, M. Grass, a trouvé dans les Dernier Bretons de M. Émile Souvestre, le sujet d'une délicieuse statue en marbre, pleine de sentiment et d'expression, et qu'il nomme Petite paysanne bretonne. Nous procéderons ici comme nous l'avons fait en parlant de la Velléda de M. Maindron. «Ses cheveux noirs, dit M. Souvestre, retombaient par mèches onduleuses jusque sur son cou; une simple chemise serrait sa taille frêle, et sa courte jupe laissait voir tout entières ses jambes brunes. Elle nous retardait, la tête élégamment penchée, comme un oiseau qui écoute, et, ses deux petites mains posées sur une baguette blanche; un de ses pieds était replié sous elle, et l'autre pendant, dans une gracieuse nonchalance, jouait avec des débris humains.