A la domination des Gréco-Byzantins succéda, dans l'Afrique septentrionale, celle des Arabes. Cette période nous fait assister au magnifique déploiement de la civilisation d'orient, qui de l'Afrique envahit l'Espagne, et ne s'arrêta qu'aux plaines de Poitiers, grâce aux efforts de la France et aux victoires de Charles Martel. M. Léon Galibert suit tour à tour les Arabes et les Maures dans leurs conquêtes intérieures et dans leurs expéditions au dehors; en Sicile, en Italie, sur les côtes de notre belle Provence, où existent encore tant de traces de leur passage.
Les véritables annales de L'Algérie ne commencent qu'au seizième siècle; c'est alors seulement qu'Alger, sous l'influence de deux étrangers, les frères Barberousse, devient le siège de cette espèce de république religieuse et militaire qui fut élevée contre la chrétienté, comme Rhodes l'était depuis un siècle contre l'islamisme; c'est alors seulement que se forme ce terrible gouvernement appelé l'odjeac d'Alger, qui en quelques années envahit toutes les principautés voisines. Mostaganem, Médéah, Tenez, Tlemcen, Constantine, reconnaissent sa souveraineté; Tunis lui est même un instant soumis, et Alger finit par imposer son nom à tout le territoire qui s'étend depuis Tabarque jusqu'à Milonia. Au dehors, le bruit de ses conquêtes et l'influence de ses chefs se répandent avec non moins de rapidité. Alger, à son berceau, est tour à tour l'auxiliaire ou la terreur des États les plus puissants de l'Europe. Le sultan Sélim prend l'odjeac sous sa protection; Soliman l'appelle à son secours; François 1er paie son concours 800,000 cens d'or; Charles-Quint lui-même, vainqueur à Pavie et à Tunis, est obligé de courber le front sous la fatalité qui brise ses vaisseaux et jette l'épouvante parmi son armée.
Les Turcs restèrent pendant plus de trois siècles maîtres de l'Algérie, les puissances européennes essayèrent vainement de la leur disputer; mais les indigènes protestèrent toujours contre la souveraineté qu'ils s'arrogeaient. Trois siècles de possession n'avaient pas subi pour légitimer et consolider leur pouvoir. Ils étaient obligés de subir la loi qui a constamment pesé sur tous les conquérants de l'Afrique septentrionale, c'est-à-dire de combattre pour se maintenir, lorsqu'en 1830 la France s'empara enfin de cette terre qui doit être désormais et à toujours française.
Le récit de la conquête d'Alger et de tous les événements qui l'ont suivie depuis quatorze années remplissent les deux tiers de l'Algérie ancienne et moderne. Nous n'analyserons pas cette partie de l'ouvrage de M. Léon Galibert; bornons-nous à constater qu'il n'a rien négligé pour que son travail, aussi impartial que complet, fût vraiment digne des brillantes campagnes dont il s'était fait l'historien.
M. Léon Galibert s'est arrête au 22 juin 1843, c'est-à-dire à la prise de la Smalah d'Abd-el-Kader. Un dernier chapitre intitulé: «Situation de la domination française 1830-1843», renferme une masse de documents curieux sur le gouvernement et l'administration, l'armée, les finances, l'organisation judiciaire, le rétablissement du culte chrétien, les travaux publics, le mouvement commercial, les progrès de la colonisation, la création d'établissements d'instruction publique, les sciences et les arts, etc. Enfin ce magnifique volume, si plein de faits, se termine par une statistique historique des régiments envoyés en Afrique depuis 1830.
Allégorie du mois de Mai.--Les Gémeaux.
Rébus.
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.
Le duel était défendu sous Richelieu.