Modes.

Paris est magnifique, et personne ne songe à le quitter. Bien au contraire, l'exposition nationale amène chaque jour une foule de curieux pour lesquels on prolonge les plaisirs de l'hiver, et nous avons toilettes pour le soir, toilettes de matinées dansantes, de promenades et de théâtres. Aussi, dans un tel embarras de richesses, croyons-nous qu'il est mieux de donner les ensembles de parures remarquées dans ces différentes réunions.

Pour toilette de promenade: redingote de pékin rayé glacé; corsage juste à revers très-décolleté, en cœur devant; manches justes non fermées du bas, à petit revers relevé, laissant passer un bouillon de mousseline; mantelet de taffetas ou écharpe de crêpe de chine brodée; capote de paille avec fond d'étoffes en rubans.

Une autre toilette plus élégante se compose d'une capote de crêpe blanc avec bouillonnés de tulle, ornée de fleurs et rubans dessous; d'une robe de barége écossais à deux grands volants bordés de trois petits rangs de velours qu'on assortit à une des nuances de la robe; un seul rang est posé à la tête de chaque volant; le corsage est froncé, demi-décollelé, également à revers, bordé de trois rangs de petit velours, et laisse voir un riche fichu à devant brodé et à très-petit col; un châle de dentelle noire enveloppe, sans la cacher, cette gracieuse parure.

Pour matinées dansantes, on a beaucoup remarqué une robe de barége de soie rose et blanche à deux jupes, dont la tunique était ouverte du côté droit jusqu'il la ceinture; deux bouquets de roses naturelles rattachaient; du côté gauche elle était relevée à la moitié de sa jupe par un bouquet; la coiffure se composait d'une guirlande de petites roses formant touffes de chaque côté; presque derrière la tête un mince feuillage passait seulement sur le front.

Mais cette jolie toilette n'était pas la seule remarquable, elle avait pour rivale redoutable celle que nous représentons ici.

Le ruban qui compose sa garniture est plissé à la vieille, une dentelle le borde et suit ses contours.

Au milieu de ces nouveautés en barége de soie, il y a toujours foule de robes en tarlatane à grands volants découpés. Pour les jeunes personnes, on adopte les jupes à plis au nombre de dix-sept ou dix-neuf; mais comme ce chiffre pourrait sembler étrange, disons bien vite que ces plis n'ont pas plus de deux centimètres de hauteur. Les femmes de petite taille se font faire des robes de barége avec ces nombreux petits plis, et cela leur convient beaucoup mieux que les volants, sous lesquels elles semblent disparaître.