Arnal, rôle de Juvénal,
dans le Carlin et la Marquise
Précisément un carlin lui tombe entre les mains, j'allais dire entre les pattes. Le carlin est un carlin perdu; le carlin de la marquise. D'abord Juvénal a une idée toute naturelle, c'est d'assouvir en particulier sur ce carlin le ressentiment qu'il nourrit contre l'espèce carline en général. Il le malmène donc, le secoue, lui tire les oreilles et la queue, et lui dit des choses désagréables, l'appelant chien, par exemple.
Puis le bruit d'une récompense honnête court la ville et arrive jusque chez Juvénal. Diable! une récompense honnête; ceci mérite considération. Juvénal prend donc son carlin, et s'en va trouver la marquise. Me voici, marquise, moi et votre chien de carlin.
Quel bonheur! quelle joie! mon carlin, mon cher carlin! Et madame la marquise, qui tout à l'heure se désolait et avait des crises de nerfs, se ranime et ne se possède plus. Juvénal s'exaspère à son tour en voyant une si belle marquise dans une telle conflagration et il s'imagine que madame la marquise va servir elle-même de récompense honnête. Mais la reconnaissance de la dame ne descend pas jusqu'à Juvénal; elle se contente de l'aider à épouser la fille de l'huissier. Une fille d'huissier pour un carlin! il n'y a pas mésalliance. On a ri d'Arnal, et le carlin n'a soulevé au parterre aucune espèce d'aboiement hargneux.
--Il a été distribué deux mille cinq cents croix d'honneur pour la fête du 1er mai; ce ne sont pas les croix qui manquent.
Exposition des Produits de l'Industrie.
(Troisième article.--Voir t. III, p. 49, 153 et 164.)
MÉTAUX ET MACHINES.
Le jury de l'exposition, en 1839, avait reconnu l'amélioration des procédés employés pour le traitement des minerais de fer. «On fabrique maintenant en France, disait-il, des fontes propres à la seconde fusion, et qui, égales aux meilleures fontes anglaises pour la douceur et la fusibilité, les dépassent par la ténacité... Les forges françaises sont en pleine voie de progrès, et rien ne se fait plus dans les forges anglaises qui ne se fasse également dans nos usines.» Tel était le jugement du jury de 1830 sur une des branches les plus importantes du travail national. Le progrès a-t-il continué? Nous ne craignons pas de dire Oui! Une foule de procédés métallurgiques se sont perfectionnés, l'emploi de l'air chaud dans les hauts-fourneaux, l'application des gaz qui s'échappent du gueulard au puddlage, tendent à faire toute une révolution, et une révolution économique, dans l'industrie française. Quant à la qualité des produits, nos fers peuvent lutter avec avantage, sur les marchés belge et anglais, avec ceux de ces pays; seulement, le progrès a eu lieu lentement.