L'ILLUSTRATION,
JOURNAL UNIVERSEL.

Ab. pour Paris.--3 mois, 8 fr.--6 mois, 16 fr.--Un an, 30 fr.
Prix de chaque N°. 75 c.--La collection mensuelle br., 2 fr. 75.
N° 65. Vol. III.
SAMEDI 25 MAI, 1844. Bureaux, rue de Seine, 33.
Ab. pour les Dép.--3 mois, 9 fr.--6 mois, 17 fr.--Un an, 32 fr. Ab. pour l'Étranger. -- 10 -- 20 -- 40

SOMMAIRE.

Histoire de la Semaine. Portrait du vice-amiral Lalande; Portrait du prince de Joinville. Carte du Texas.--Courrier de Paris.--La Chasse au Poste. Deux Gravures.--Des Vitraux anciens et modernes. Vitraux de MM. Galimard et Lami de Nozan, à Saint-Germain-l'Auxerrois.--Les Salles d'asile.--Exposition des produits de l'Industrie. 4º article. Bronzes et Ébénisterie. Ostensoir de M. Froment-Meurice; Bénitier en bronze par M. Quesnel; Fauteuil et Chaise en bois sculpté, par M. Émile Grimpré; Candélabre en bronze, par M. Denière; Meuble de milieu d'un Salon et Prie-Dieu, par M. Grohé; Buffet par M. Ringuet.--Courses de Chantilly.--Le Dernier des Commis voyageurs, roman par M. XXX. Chapitre IX. Récit; les catastrophes de Potard,--Marguerite, romance. Paroles de M. A. de La Fizelière, musique de M. Léon Dusautoy.--Une Gravure.--Romanciers Contemporains. Charles Dickens, (Suite et fin.) Séjour dans Éden; départ du paradis terrestre. Modes. Une gravure.--Antiquités trouvées à Hérouval. Deux Gravures.--Rébus.

Histoire de la Semaine.

Portrait du vice-amiral
Lalande.

Nous avons, la semaine dernière, annoncé la publication de la Note de M. le prince de Joinville sur l'état des forces navales de la France. Ce n'était, il y a huit jours, qu'un document remarquable, plein de reproches fondés et surtout de conseils utiles; aujourd'hui cet écrit est devenu un événement par l'émoi qu'en a ressenti le cabinet; la colère qu'ont témoignés nos feuilles étrangères les mieux disposées d'ordinaire pour les ministres, et par la leçon que des journaux français qui reçoivent leurs confidences les plus intimes ont été chargés de faire au jeune amiral. Le Morning Chronicle ne trouve pas plus de «sagesse que de dignité et de noblesse dans cette brochure de boucanier.» L'Observateur de Bruxelles y cherche vainement «l'acte d'un bon citoyen et n'y voit qu'une démarche propre à jeter une espèce de froideur entre le prince de Joinville et ses frères, et à mécontenter le duc de Nemours, qui a horreur de la publicité, que son frère vient de rechercher avec autant d'éclat que de succès.» La presse ministérielle française, dans ses reproches, brave un peu moins l'honnêteté, mais néanmoins il est facile de voir que, sans sa dignité de prince, le jeune marin eût été traité comme le caporal Bach. Il a dû se rendre au château de Compiègne.

Presque au même moment où paraissait cette brochure qui renferme un éloge si fier, si national, si senti de l'escadre que la France avait en 1840 dans la Méditerranée, des matelots exercés qui la montaient, de leur chef habile et actif, à ce même moment, en quelque sorte, la mort enlevait ce regrettable amiral, la tombe se refermait sur ses restes, et la marine française avait à ajouter sur ses tables funéraires chargées, depuis quelques années, de noms si glorieux et si prématurément inscrits, aux noms de l'habile de Rigny, de l'intrépide Gallois, du savant Dumont d'Urville, le nom de Lalande.