Nous rendrons compte du rapport de la commission nommée pour l'examen de ce mémoire.

L'Académie a reçu de M. Vrolik un extrait du rapport de la première classe de l'Institut royal des Pays-Bas sur les qualités nutritives de la gélatine. Il résulte des expériences faites par les savants hollandais que la gélatine ne nourrit pas, et que, donnée isolément comme aliment, elle fait naître un dégoût insurmontable.

M. d'Arcet, dans la séance suivante, a protesté contre les conclusions de ce rapport, et, sans entrer dans la discussion des faits d'observation, il s'est appuyé sur l'opinion du professeur Bergsma, dont l'autorité aurait été invoquée à tort contre la gélatine; M. Bergsma est un zélé défenseur de cette substance, qu'il croit alimentaire.

L'espace ne nous permet pas d'analyser un mémoire de MM. Prévost et Lebert intitulé: De la formation des organes et de la circulation du sang dans les vertébrés; et un autre mémoire de M. Hébert sur la tuberculisation.

Médecine.--M. Pariset a fait un rapport des plus favorables sur un mémoire relatif à une méthode d'éducation appropriée aux jeunes idiots, par M. Séguin, instituteur des idiots à Bicêtre. Nous parlerons des résultats admirables auxquels est arrivé M. Séguin, dans une notice sur les aliénés, que l'Illustration publiera incessamment.

M. Flourens, en présentant, au nom de MM. Baillarger, Cerise et Longet, les deux premiers volumes des Annales médico-psychologiques, donne des détails sur le but de ce journal, rédigé par des hommes dont le nom est une garantie, et qui est destiné à solliciter les travaux et à recueillir les documents relatifs à la science théorique et pratique des rapports du physique et du moral, et en particulier à la pathologie mentale.

Médecine légale.--MM. Flandin et Danger, poursuivant leurs travaux de toxicologie, ont présenté à l'Académie un mémoire sur l'empoisonnement par le plomb, suivi de quelques considérations sur l'absorption et la localisation des poisons.

Chirurgie.--M. Scoutetten a lu un mémoire sur la trachéotomie dans la période extrême du croup. Le travail a pour base une observation personnelle à l'auteur et qu'il a recueillie dans sa famille. Sa fille, âgée de cinq semaines, avait été atteinte du croup, et toutes les ressources de la médecine étaient épuisées, sauf une; l'ouverture de la trachée-artère. Des confrères de l'auteur, appelés en consultation par lui, déclarèrent même cette opération inutile, et s'avouèrent d'ailleurs inhabiles à la pratiquer. Alors, placé dans l'alternative d'agir lui-même ou de voir périr son enfant sous ses yeux, le père s'arma courageusement du bistouri. Après bien des accidents redoutables qui vinrent entraver l'opération, la trachée fut ouverte, et l'asphyxie arrêtée dans sa marche. Les premiers jours après l'opération furent difficiles à passer, cependant le dixième jour on put enlever définitivement la canule; la plaie marcha rapidement vers la cicatrisation, et l'enfant, âgée maintenant de quatre ans et demi, jouit d'une santé parfaite.

Cette observation intéressante serait une nouvelle preuve, s'il en était besoin, que c'est à un état spasmodique de la glotte, et non à l'occlusion par les fausses membranes, qu'est due l'asphyxie dans le croup. En effet, si les fausses membranes suffisaient pour amener l'asphyxie, ce dénouement funeste ne pourrait être prévenu par une ouverture pratiquée au-dessous du larynx, dans un point où les fausses membranes se produisent comme dans le larynx même.

M. Magne, dans un mémoire présenté à l'Académie, a développé et confirmé une idée ingénieuse de feu le professeur Samson sur le moyen de diagnostiquer entre elles, dès leur début, certaines maladies de l'organe de la vue, d'après l'absence d'une ou de plusieurs des trois images qui se peignent dans l'œil quand on présente devant la pupille une bougie allumée.