«Mon ami, demanda Oscar, combien de lieues à peu près compte-t-on de Paris à Marseille?

Albert Aubert.

(La suite à un prochain numéro.)

Exposition des Produits de l'Industrie.

(7e article.--Voir t. III, p. 49, 133, 164, 180, 211 et 228.)

TISSUS.

Au moment où nous écrivons ces lignes, un orage vient de fondre sur Paris. Le tonnerre a grondé et la grêle s'est précipitée à grains serrés sur les paisibles promeneurs du dimanche, sur les curieux avides de voir l'industrie dans ses magnifiques développements. La pluie n'a pas respecté ce palais de bois et de carton élevé, en quelques mois, pour les besoins du moment, et en a montré tous les vices de construction aux dépens des produits exposés et des visiteurs, qui, entrés à pied sec, ont eu besoin de manœuvres nautiques pour regagner l'asphalte des contre-allées.

Cette digression nous a un peu écarté de notre compte rendu; mais nous ne la regarderons pas comme inutile, si elle amène quelque amélioration dans le sort des visiteurs, sinon cette année, au moins aux expositions qui se succéderont.

La galerie des tissus, dont nous donnons aujourd'hui une vue à nos lecteurs, est une des plus intéressantes de l'exposition, et, cependant, une des plus abandonnées: on y passe, on ne s'y arrête pas; et, quand on a jeté un coup d'œil distrait sur ces cases si bien fournies, et un regard émerveillé sur les robes brodées en ailes de mouche, en parde ou en papier, on se dirige vite vers des produits qui parlent davantage aux yeux et à l'imagination. C'est qu'en effet, pour s'arrêter avec intérêt devant cette réunion si riche et si admirable d'étoffes de toutes couleurs, de tissus de formes si variées, pour reconnaître et analyser le progrès incessant de cette branche capitale de l'industrie française, il faut, ou avoir vécu dans les fabriques et connaître par soi-même le mérite de la difficulté vaincue, savoir où en était la fabrication des étoffes il y a un demi-siècle, et apprécier son mouvement admirable et de tous les jours, ou bien se rendre compte, comme tous ceux qui s'occupent des questions économiques, de la proportion dans laquelle cette fabrication alimente le commerce extérieur, et, au point de vue de la politique intérieure, du nombre immense de bras qu'elle emploie dans presque toutes les parties de la France. Voilà pourquoi le roi et les ministres s'arrêtent avec tant de complaisance dans cette vaste galerie, pourquoi ils prodiguent aux fabricants les encouragements, et consacrent plusieurs séances à l'examen de leurs produits.

La fabrication des étoffes s'était péniblement traînée de chute en chute, et n'était pour ainsi dire soutenue que par le besoin indispensable qu'on en a, jusqu'au jour où l'on appliqua les machines, soit à la confection des matières premières ou des fils, soit à la confection des tissus, soit enfin à leur impression. Faire une revue des tissus serait donc donner l'histoire des diverses machines qui sont maintenant en usage dans toutes les fabriques. Mais ce sujet nous entraînerait trop loin et hors de notre cadre; nous nous bornerons à en indiquer quelques unes dans le courant de notre compte rendu, préférant donner un aperçu de la production des matières premières.