En 1843 il en fournit 4,597 mètres.
La maison Schlumberger et Kœchlin, de Mulhouse, est une de celles qui se font le plus remarquer par la beauté de ses tissus et de ses impressions, et en particulier par ses étoffes pour meubles et tentures.
Nous voici arrivé à l'une des branches de l'industrie française sur laquelle nous voudrions nous étendre longuement, car elle intéresse principalement et presque exclusivement la seconde ville du royaume, celle dont le reste de la France entend quelquefois les cris de détresse mêlés aux horreurs de la guerre civile: nous voulons parler de la fabrication des étoffes de soie et des rubans. Notre commerce extérieur est en grande partie alimenté par les produits des fabriques de Lyon et de Saint-Étienne. Dans les cinq années qui ont précédé 1839, le chiffre des exportations est de 80 millions pour les soieries et de 30 millions pour les rubans, en tout 110 millions, non compris la valeur des tissus mélangés de soie, de la bonneterie, passementerie, soies à coudre, et un grand nombre d'articles de mode. Depuis, ce commerce a éprouvé des fluctuations qui ont été bien fatales à l'industrie lyonnaise; la valeur moyenne de son commerce d'exportation a été, dans les cinq dernières années, de 158 millions, et celle de tout le commerce français de 480 millions: c'est donc un sur un peu plus de trois et demi. Dans le prix des soieries, la matière première entre pour les deux tiers, le reste représente les bénéfices et la main-d'œuvre. Qu'on juge, d'après cela, des désastres que peut amener la diminution de l'exportation: ainsi, de 1841 à 1842, il y eut une différence de 5 millions au détriment de la fabrique lyonnaise; c'est donc le tiers, ou 16 millions, qui a fait défaut pour la plus grande partie aux malheureux ouvriers en soie.
Nous ne nous arrêterons pas à signaler les noms de tous ceux qui nous ont paru mériter, par la beauté de leurs produits, les encouragements du gouvernement et les applaudissements de la foule. Les exposants de rubans se font surtout remarquer par le goût et la richesse de leurs nuances. Nous citerons seulement la maison Faure frère, de Saint-Étienne, qui, en 1839, obtint la médaille d'or, et qui expose des rubans façonnés au moyen d'un battant-brocheur de l'invention de M. Boivin, habile mécanicien de Saint-Étienne. Ce battant-brocheur permet de faire cinq à six rubans sur le même métier au lieu d'un seul. C'est là un progrès qui tend indubitablement à faire baisser les prix et à pourvoir à une fabrication considérable.
Nous voudrions pouvoir envoyer nos lecteurs dans la galerie des tissus; mais aujourd'hui plus que jamais, cela leur est interdit; des cordes en écartent les curieux; c'est là que l'orage a fait ses dégâts; les riches étoffes aux couleurs éclatantes, les fines soieries, les lingeries précieuses, ont plus ou moins souffert de la légèreté des constructions, combinée avec la violence de la grêle.
Après avoir passé en revue les hauts produits du lainage, qu'on nous permette d'offrir à nos lectrices un métier à tapisserie, invention nouvelle d'une demoiselle qui, frappée des mouvements du métier ordinaire, qu'on devait monter et démonter et faire mouvoir dans tous les sens, à l'aide de lourdes vis, disgracieusement placée» dans de jolies mains, a imaginé un mécanisme aussi ingénieux que simple qui permet de monter et démonter, tendre et détendre avec facilité l'étoffe dans tous les sens. Par un autre procédé, ce métier présente un support pour le modèle et un cadre à quadrillé pour reproduire et nuancer un dessin donné. Cet appareil est dû à mademoiselle Chanson.
Le Roi, la Reine et la Famille royale visitant la galerie des tissus.
Portière en tapisserie, exécutée à Aubusson.