A. Débarcadère Saint-Lazare.--B. Rue
nouvelle de 15 mètres.--C. Impasse.
Entrée du collège Bourbon.--d. Collège
Bourbon.--e. Rue Saint-Nicolas.--f.
Rue de la Ferme.
Ce projet, bien que voté par le conseil municipal et sanctionné par une ordonnance royale, a soulevé une réprobation presque unanime. Évidemment une seule rue de quinze mètres était insuffisante pour les immenses besoins créés sur ce point par la réunion de trois chemins de fer, et à peine la décision fut-elle rendue, qu'on reconnut la nécessité de la modifier. Des propositions furent faites par une compagnie de propriétaires pour l'exécution d'un troisième plan; celui-ci abandonnait les rues rayonnantes d'abord projetées, mais conservait l'exécution d'une place, qui, coupée par des terre-pleins pour les piétons, eût donné à l'affluence des voyageurs et de la population tout l'espace nécessaire.
Ces propositions n'ont pas été adoptées complètement, et l'administration semble avoir pris un mezzo termine entre ce projet et celui qu'elle avait primitivement adopté. La place ne sera point exécutée, mais la grande rue du débarcadère sera portée à vingt mètres de largeur. Les rues Saint-Lazare et Saint-Nicolas seront immédiatement élargies, et le collège Bourbon prendra façade sur la nouvelle voie publique.
Il faut avouer que ce projet ne semble pas répondre encore aux besoins de la circulation. Une rue, même de vingt mètres, ne semble pas en rapport avec le développement que doit prendre chaque jour l'activité concentrée sur ce point. Cependant, quel qu'il soit, il devient urgent, et doit être promptement exécuté. On dit que des difficultés qui existent entre la ville de Paris et l'Université, pour l'échange des terrains dépendants du collège, en retardent seules l'exécution. Nous souhaitons qu'elles soient promptement terminées, dans l'intérêt des nombreux voyageurs que le débarcadère jette chaque jour sur la chaussée dangereuse et encombrée de la rue Saint-Lazare.
A. Débarcadère.--B. Rue de 20 mètres.
--e. Rue Saint Nicolas. --f. Rue de la Ferme.
Mais ce n'est point seulement sur ce point que l'attention devrait se porter. Un seul débouché ne suffit pas à la circulation que les chemins de fer appellent dans le quartier Saint-Lazare et au carrefour de l'Arcade. Il serait bien temps que l'administration songeât à favoriser les efforts privés qui tendent à régulariser, à rendre plus viables et plus salubres les débris de l'ancienne Pologne. Déjà, il est vrai, elle s'est occupée de redresser une partie de la rue du Rocher, qui, suivant les sinuosités tortueuses de l'ancien chemin des Étrangers, aboutit si péniblement à la barrière Monceaux, que sa situation appelle à soulager la barrière Clichy, déjà tellement encombrée. Mais cette amélioration partielle n'aura qu'un bien faible résultat tant que les autres parties de la voie publique resteront dans cet état d'invalidité. Ne serait-ce pas le cas d'achever la rue Malesherbes, qu'un seul mur empêche de communiquer, par la place de La Borde, à la rue de la Pépinière? On obtiendrait ainsi une large voie de communication qui suppléerait à l'insuffisance et à l'irrégularité de la rue du Rocher. Puisque l'administration laisse construire partout sur l'emplacement de ce beau boulevard Malesherbes, dont deux décrets successifs avaient ordonné l'ouverture, il faudrait au moins qu'elle tâchât de conserver la seule partie qui n'est pas encore obstruée, et qui devient d'une véritable importance dans les prévisions d'un avenir peu éloigné.
Histoire de la Semaine.
Les événements se pressent cette semaine sous le burin, ou, pour être plus exact, sous la plume d'oie de l'historien. Ne voulant en omettre aucun et donner à tous l'espace qu'ils réclament, nous avons dû compter sur notre confrère le Courrier de Paris, pour peindre aux yeux de nos lecteurs les splendeurs plus ou moins réussies de la fête de Versailles, et sur les informations à la fois particulières et officielles d'un autre de nos collaborateurs pour rendre compte des scènes dont l'Afrique du nord vient d'être le théâtre.