--Je voudrais bien, dit Oscar, que mademoiselle Hermance fût un peu musicienne.» Là-dessus il sortit pour faire sa malle conjugale.

CHAPITRE III.

QUI SE PASSE SUR LE CHEMIN DE FER DE PARIS A ORLÉANS.

«Quelle nauséabonde manière de voyager! s'écria le jeune Oscar, qui aimait bien suivre sa fantaisie, mais à la condition qu'elle n'allât pas trop vite.

--La vie humaine est courte,» répondit gravement monsieur l'abbé, enfoncé dans le coin du wagon.

Nos deux personnages étaient seuls dans cette partie de la voiture, seuls avec le petit Van qui regardait par la portière d'un air profond et méditatif.

Nos deux personnages étaient
seuls dans cette partie de
la voiture avec le petit Van,
qui regardait par la portière.

«Quelle fureur de rapidité, reprit Oscar, nous a fait chausser ces infernales bottes de sept lieues?... Tenez, voici une jolie femme assise sur le talus, je la regarde, je crois qu'elle va répondre à mon regard... et je suis déjà à deux kilomètres de ses jolis yeux. J'avise une petite maison, les fenêtres en sont chargées de fleurs; des têtes blondes de beaux enfants paraissent derrière la persienne entr'ouverte; vite je braque mon lorgnon pour mieux voir de cet aimable aspect... qu'aperçois-je? une affreuse masure enfumée, une fenêtre délabrée, derrière laquelle file une rustique mégère et pleurent de sales marmots... Maintenant vous ne pouvez plus dire: Je passe dans tel endroit;

Le moment où je passe est déjà loin de moi.