Prosodie de l'École moderne; par M. Wilhem Tenint; précédée d'une lettre à l'auteur, par M. Victor Hugo, et d'une préface d'Émile Deschamps.--Paris, 1844. Didier. 1 vol. in-18. 3 fr. 50.

«Jamais les idées n'ont été en meilleur état qu'aujourd'hui. Tous les esprits élevés, honnêtes et droits marchent au même but. La pensée, assurée à l'avenir, conquiert de plus en plus le présent. La grande révolution des idées s'accomplit, aussi irrésistible que la révolution des faits et des mœurs, mais plus pacifique. Les petits esprits seulement criaient de retourner en arrière, c'est la loi; ils la suivent, laissons-les faire. Tout va bien. Continuez, vous, monsieur, de marcher en avant, avec tout ce qui est noble et généreux, avec tout ce qui est jeune et vivant. Nous serons tous avec vous du cœur et de l'esprit.»

Ainsi donc, M. Victor Hugo nous l'annonce solennellement, ne voulons-nous pas être des esprits vils, bas, malhonnêtes, faux, petits, mesquins, vieux et mort, nous devons courir au même but que lui et que M. Wilhem Tenint. «Tout ce qui est noble et généreux, tout ce qui est jeune et vivant; tout ce qui est élevé, grand, honnête et droit, marche avec eux.» Tant pis pour nous si nous nous fourvoyons, nous sommes avertis. Nous hésitons d'autant moins à nous rendre dignes aujourd'hui de toutes ces glorieuses épithètes, qu'en suivant M. Wilhem Tenint dans sa Prosodie, nous sommes sûrs de n'y rencontrer que d'utiles vérités, dont nous ne contestons pas la valeur. «Grand service et grand progrès,» comme dit encore M. Victor Hugo.

Que nous apprend en effet M. Wilhem Tenint? D'abord il passe en revue les différentes espèces de vers, depuis celui de un pied:

Fort

Belle

Elle

Dort.

jusqu'à celui de treize pieds:

Jetons nos chapeaux et coiffons-nous de nos serviettes,