Signalons aussi les inventions de M. Sax dans les instruments à vent. M. Sax a perfectionné tous les instruments en cuivre et en bois; il a appliqué de nouveaux systèmes de cylindres aux instruments en cuivre sans rien changer à leur sonorité. Son exposition forme une musique militaire complète: bugles à cylindres, trompettes grandes et petites, nouveau basson, flûte, clarinette basse et contre-basse, et principalement le saxophone, véritable création, puis le saxotromba, que sais-je, des cornets, des trombones, tout s'y trouve et dans des conditions d'exécution telles qu'on peut dire que ce sont des instruments nouveaux. Quant à nous, nous ne doutons pas que l'auteur, le promoteur et le conducteur du festival monstre ne leur donne une large place dans son orchestre; et en attendant ce grand jour, nous félicitons sincèrement M. Sax des habiles modifications et des utiles perfectionnements de sa fabrication.
Le Sacrifice d'Alceste.
(PREMIÈRE PARTIE)
«En vérité! m'écriai-je», du ton irrésistible d'un homme qui a trouvé un argument péremptoire, on dirait que vous n'avez pas lu Euripide!
Cette autorité imposante (je dois prévenir le lecteur qu'il y a de cela quelques années, et qu'on avait encore la faiblesse d'estimer les anciens), cette autorité produisit l'effet attendu. Il y eut un moment de silence.
«Pourquoi? répondit enfin le plus intrépide des adversaires; je l'ai même traduit. Ensuite?
--Pourquoi? parce que vous comprendriez alors le sacrifice d'Alceste. Vous auriez vu que les anciens admettaient, comme moi, le dévouement de l'amour dans toute sa puissance, et qu'Alceste se dévouant pour son mari, donnant sa vie pour racheter la sienne, est l'emblème le plus touchant de ce sacrifice...
--Renouvelé des Grecs!» interrompit un autre, qui prit sa revanche par une plaisanterie, et mit pour un moment les rieurs de son côté.
Pendant tout ce vacarme, mon oncle Antoine, appuyé sur son fauteuil, les pieds sur les chenets et les bras croisés, sifflotait sans mot dire son thème favori de la bataille de Marengo.
«Voyons donc, papa: lui dis-je en lui mettant la main sur l'épaule; on dirait que vous n'êtes pas de mon avis.