Ici mon oncle Antoine s'arrêta.
«Mais, qu'est-ce que cela prouve, papa? repartis-je. Sans doute ton Keraudran n'eut pas la force d'accomplir le sacrifice d'Alceste? Eh bien! c'est qu'il n'aimait pas assez pour cela.
--Erreur! répliqua mon oncle Antoine, double erreur! 1° Parce qu'il aimait assez pour sacrifier sa vie, et que c'est la forme seule du sacrifiée, présent, inévitable, raisonné, à heure fixe, qui répugne à la nature humaine, et qu'il ne put accomplir; 2º parce qu'il n'est pas nécessaire d'aimer bien vivement pour sacrifier sa vie... et la suite le prouvera bien.
--Il y eut donc une suite? s'écria-t-on.
--Sans doute!» répondit l'oncle Antoine.
D. Fabre d'Olivet.
(La suite à un prochain numéro.)
Les Forçats.
Le 18 mai dernier, 231 voix contre 128 ont adopté, à la Chambre des députés, un projet de loi sur les prisons dont la discussion avait occupé vingt séances.
Dans la Chambre des députés comme dans la presse et dans le public, ce projet de loi a soulevé de vives et éloquentes protestations. Mais ce n'est pas ici le lieu de les reproduire et d'en discuter la valeur.